Dans les coulisses des C.D.E.C.

A qui profitent les nouveaux mètres carrés ?

1 septembre 2003 - B. Gobin

C'est l'équivalent de l'ouverture d'une soixantaine d'hypermarchés de 9 000 m2. Ou encore d'un nouveau réseau de supermarchés qui représenterait près de trois fois celui de Match. Au cours des douze derniers mois, les commissions départementales d'équipement commercial (CDEC) ont accordé aux enseignes alimentaires 572 600 m2 de surfaces de vente additionnelles. Depuis l'entrée en vigueur de la loi Raffarin, en 1996, et de son fameux seuil des 300 m2, c'est la première fois que les autorités chargées de réguler les implantations commerciales se sont montrées aussi généreuses avec les GMS. Les feux verts accordés représentent 72,5 % des surfaces demandées.

Ces chiffres sont le fruit d'une enquête exclusive de Linéaires portant sur les dossiers examinés par les CDEC au cours des douze derniers mois. Les recours auprès de l'instante nationale (la CNEC) ne sont pas compris (voir encadré). Pour une meilleure interprétation des verdicts rendus par les commissions, seules les surfaces strictement alimentaires ont été intégrées à l'analyse. Les décisions portant sur les galeries marchandes ou les stations-services n'ont pas été retenues. Les avis des CDEC sont un élément primordial de l'évolution du parc de magasins sur l'Hexagone. D'une part, ils déterminent la croissance de l'appareil commercial, en particulier sur ses différents segments. D'autre part, pris globalement, ils sont un arbitrage essentiel du jeu concurrentiel entre les entreprises de distribution.

La meilleure note pour les hypers

Le format qui présente le plus grand nombre de projets : le supermarché, avec 365 dossiers sur les 922 examinés. Assez logiquement, il est aussi celui qui obtient le plus : 43 % du total des mètres carrés attribués. On trouve ensuite les hypermarchés (30 %), puis le hard-discount (20 %) et enfin les supérettes (7 %). Concernant ces dernières, les chiffres des CDEC ne renseignent cependant pas sur le dynamisme du circuit dans la mesure où l'essentiel des points de vente de proximité présente des tailles inférieures à 300 m2.

Les taux d'autorisation traduisent des écarts sensibles entre formats de magasins et entre enseignes. Les dossiers d'hypermarchés, les plus lourds et les mieux préparés, ont un taux de succès de 82 %. Sur l'année considérée, Cora réalise même un sans-faute avec 100 % de surfaces accordées. La proximité, portée en particulier par les efforts de Carrefour pour son enseigne Shopi, dépasse le seuil des 80 %. Les projets déposés par les hard-discounters ont plus de mal à convaincre : 56 % seulement des mètres carrés sollicités ont reçu un avis favorable.

Leader Price, lanterne rouge

La qualité et la pertinence des projets sont loin d'être homogènes à l'intérieur même des groupes multi-formats. Carrefour se distingue néanmoins et se classe parmi les meilleurs sur trois des quatre formats pour le niveau d'autorisation : 84 % pour Champion, 92 % pour Shopi et 86 % pour ED. Au sein de Système U, on note des écarts importants. Si Hyper U affiche 92 %, Super U se situe dans la moyenne (74 %) tandis que Marché U doit se contenter de 68 %. Idem au sein du groupement des Mousquetaires : 77 % pour Ecomarché contre 55 % pour Netto. Chez Casino, les taux élevés de validation des demandes sous enseigne Géant et Casino contrastent avec le médiocre 30 % dont est crédité Leader Price.

Il est intéressant de noter que les enseignes dont les projets sont les plus recalés sont souvent celles qui montent les dossiers les plus nombreux. Cela se vérifie à la fois pour les hypers, avec Leclerc, pour les supers, avec Intermarché, et pour le hard-discount, avec Lidl. A elle seule, l'enseigne allemande a déposé pas moins de 112 dossiers. Ce qui représente 12 % du total des demandes alors qu'elle ne pèse que 6,5 % des surfaces accordées. Néanmoins, à chaque fois, malgré des taux d'autorisation bien inférieurs à ceux de la concurrence, ces enseignes sont celles qui, au final, obtiennent le plus de surface additionnelle. Tout se passe comme si, dans ces entreprises, le mot d'ordre était de déposer à tout va. La quantité palliant le manque de préparation ou de pertinence des demandes.

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