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Viandes bio : du mieux, mais une filière encore fragile

Selon Interbev, les abattages français de bovins et ovins bio ont encore reculé de -9% l'an dernier. La consommation reprend dans les magasins bio spécialisés et dans la restauration, mais la grande distribution a perdu beaucoup de terrain.
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  • Auteur : F. Carluer-Lossouarn
Des bovins bio de race salers. Photo : Interbev-G.Humbert.

Des bovins bio de race salers. Photo : Interbev-G.Humbert.

À l'occasion de l'ouverture du Salon de l'élevage de Clermont-Ferrand (63) ce 7 octobre, Interbev a dressé un état des lieux de la production de viandes de boucherie bio (hors porc) en 2024. L'interprofession bétail & viande met en avant " quelques signaux d'amélioration après plusieurs années de recul ", mais la production reste en baisse.

En bovins, le cheptel de laitières bio a reculé de 3%, à 283.919 têtes pour un nombre d'élevages en baisse de -4,3% (4.777). Le troupeau de bovins allaitants (races à viande) a mieux résisté : - 0,9%, à 223.059 têtes, avec un nombre de fermes quasi stable (6.618). En ovins, le nombre d'élevages de brebis viande bio a augmenté de 3,4% (2.867), celui des fermes de brebis laitières a repris +4% (808). Mais le cheptel est en légère baisse dans la filière ovins viande (-0,6% contre +1,7% en brebis laitières).

Production : - 29 % en 3 ans

Par ailleurs, les abattages français de viandes bovines et ovines bio ont encore reculé l'an dernier (-9%), pour la troisième fois consécutive depuis le pic atteint en 2021. La saignée est de -29% en trois ans. À 28.236 tonnes équivalent carcasse (tec) l'an dernier, les volumes sont quasiment retombés au niveau atteint en 2017.

En bovins, la baisse des abattages en 2024 a été plus marquée en gros bovins bio allaitants (-11%) qu'en laitiers (-3%). " Cette tendance, qui s'explique par un niveau de prix des animaux bio comparable au conventionnel, engendre une baisse des volumes valorisés au sein de la filière ", analyse Interbev.

Les abattages français d'ovins bio ont chuté de 22 % en 2024. Photo : Interbev-G.Humbert.

Les abattages français d'ovins bio ont chuté de 22 % en 2024. Photo : Interbev-G.Humbert.

En ovins, dans un contexte sanitaire marqué par l'épidémie de FCO (fièvre catarrhale ovine), la chute est encore plus marquée : -22% l'an dernier (1.569 tec). " La principale raison est la réaffectation vers le marché conventionnel due à la difficulté de trouver des débouchés sur le marché bio et à un besoin d'agneaux sur le marché conventionnel. "

" Renforcer la visibilité en GMS "

" Le potentiel de production est là, et la consommation des ménages progresse en magasins spécialisés (+9% en volume l'an dernier) et en restauration collective (+14%) ", positive néanmoins Interbev. La grande distribution reste le principal circuit de vente des viandes bovines et ovines bio (43 % des ventes), mais la consommation y a reculé de -6,4% l'an dernier (-42% entre 2021 et 2024 !). En GMS, le steak haché maintient ses positions alors que les piécés sont encore en recul.

Viande bio bilan 2024 1
" L'enjeu est aujourd'hui de renforcer la présence et la visibilité de l'offre de viandes bio en GMS, afin de mieux valoriser la production et ses atouts. Des rencontres avec les enseignes sont prévues dans les prochains mois pour échanger sur les besoins de chacun et les perspectives envisageables pour relancer les ventes ", indique Interbev.

La consommation de viande ovine et de veau bio décline dans tous les circuits de distribution. Pour ce qui concerne le veau AB, Interbev pointe " des difficultés d'approvisionnement liées à l'envolée des prix du broutard (qui concurrence la vente de veaux bio engraissés) et des évolutions réglementaires récentes qui génèrent de l'incertitude pour les producteurs ".

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