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Culture viande : " La distribution doit répercuter la hausse du prix des animaux "

Le syndicat des industriels de la viande appelle à un sursaut pour stopper la baisse de la production française. La grande distribution est accusée de ne pas répercuter les hausses de prix d'achat des animaux.
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  • Auteur : F. Carluer-Lossouarn

À la veille du congrès annuel de Culture viande*, principal syndicat des industriels des viandes de boucherie, son président Yves Fantou a souligné un constat encourageant pour la filière. " La consommation de viande des Français reste stable (tous circuits). Depuis plusieurs années, elle se situe à un niveau conforme aux repères nutritionnels recommandés, autour de 85kg équivalent carcasse par habitant. La proportion de végétariens n'est que de 3%, comme il y a vingt ans. "

Yves Fantou s'est aussi félicité du vote le 8 octobre par le Parlement européen d'un texte encadrant l'utilisation des appellations bouchères type " steak " ou " saucisses ". Un combat pour l'instant perdu en France au profit des spécialistes des produits végétaux. " C'est un signal fort de reconnaissance de notre métier, mais il reste à concrétiser, il était temps de restaurer le lien de confiance avec nos consommateurs. "

Bœuf importé : " ils ne se cachent plus "

Mais le président de Culture viande a vite égrené les - nombreux - sujets d'inquiétude pour les industriels des viandes de boucherie. À commencer par la poursuite de la décapitalisation du cheptel et du recul de la production française, aggravés par les épizooties qui touchent actuellement les troupeaux (FCO pour les ovins, MHE et DNC en bovins).

Le cheptel bovin tricolore a perdu près de 10% de ses effectifs en cinq ans. Pour répondre à la demande, le président de Culture viande appelle les pouvoirs publics à mieux faciliter l'installation de jeunes éleveurs et incite les groupements de producteurs à limiter leurs exportations de bovins femelles vivants. " On continue d'exporter des animaux vivants, nos éleveurs sont attirés par des prix attractifs, mais c'est se tirer une balle dans le pied ", estime Yves Fantou.

Cette baisse de la production française s'accompagne d'une hausse des importations. " Soit on produit, soit on importe, a lancé le président de Culture viande. Produire en France, c'est garantir notre souveraineté alimentaire, nos emplois, nos territoires et nos standards de qualité. Les exportations ne cessent d'augmenter. Le Brésil, c'est 240 millions de bovins et cette viande commence à pointer son nez ici avec l'accord du Mercosur. Je vois arriver de la viande bovine étrangère dans les rayons, les magasins ne se cachent plus. Notre filière ne doit pas se retrouver dans la situation que connaît la volaille aujourd'hui. "

Un abattoir fermé par mois

L'état de santé du maillon industriel tricolore n'est guère plus brillant selon Yves Fantou, pour qui la filière bovine française est dans " une situation de survie économique. Depuis 2020, 64 abattoirs ont cessé leur activité, pour seulement 17 ouvertures, et aujourd'hui on est sur une fermeture par mois. Depuis octobre 2024, 132 entreprises d'abattage-découpe ou transformation ont fermé leurs portes en France ".