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Waitrose Londres – Canary Wharf

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  • Auteur : Benoît Merlaud, à Londres

Imaginez une coopérative de 65 000 employés. C'est ainsi que se définit le groupe de distribution britannique John Lewis, propriétaire de Waitrose. Dès 1914, John Spedan Lewis introduit dans l'entreprise (qui a démarré par un magasin de draps ouvert par son père, John Lewis, en 1884) des pratiques de management social, pour s'assurer du bien-être de ses employés. En 1929, il couche sur le papier les statuts d'un « partenariat » qui garantit notamment que tous les bénéfices seront redistribués au personnel.
Ces pratiques de redistribution sont toujours en vigueur aujourd'hui. Que ce soit dans les grands magasins John Lewis ou les supermarchés Waitrose, rachetés en 1937. Mais le personnel ne fait pas que toucher les dividendes qui, dans d'autres entreprises, iraient dans la poche des actionnaires. Il élit par exemple ses représentants qui, au sein d'un conseil de direction, prennent part aux décisions stratégiques du groupe. Ces élus peuvent même à eux seuls révoquer le P-DG !
En corollaire, l'implication du personnel dans la bonne marche de l'entreprise se retrouve à tous les niveaux. Elle est entretenue par la publication d'une gazette interne, dans laquelle n'importe quel employé peut (anonymement si besoin) prendre à partie la direction et obtenir une réponse immédiate. « En magasin, le turn-over est plus faible que dans d'autres enseignes, confirme Anne Jones, responsable marketing et relations publiques du Waitrose de Canary Wharf, à Londres. Et en tant que « partenaires », les membres du personnel prennent davantage leurs responsabilités pour traiter les demandes des clients. »
Les clients, à Canary Wharf, sont particulièrement soignés. En plein quartier d'affaires, le magasin est situé dans une zone de chalandise privilégiée : de quoi exprimer pleinement le concept Waitrose, qui, pour résumer, mise davantage sur la qualité de son offre que sur ses prix.
Quand ils ne sont pas bio, les produits s’accompagnent en général d'engagements supplémentaires en matière de pratiques agricoles ou de développement durable. Les MDD affichent des taux de sel réduits, évitent le plus possible les additifs (colorants, arômes, etc.) et bannissent les huiles végétales hydrogénées (sources d'acides gras « trans »). Pour rassurer ses clients, Waitrose promet toutefois de surveiller les étiquettes de 350 articles de base, qui restent « dans les prix du marché » grâce à des relevés de concurrence hebdomadaires.

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A Canary Wharf, Waitrose est installé au rez-de-chaussée d'un grand magasin de la maison mère, John Lewis. Il partage d'ailleurs ces 4 000 m2 de plain-pied avec l'espace cuisine - arts de la table de John Lewis, autour duquel se déploie l'offre alimentaire. De multiples points de restauration sur place, avec bar ou tables, émaillent le parcours du client.
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Le bar à sushi, géré en direct par un restaurateur spécialiste de cette offre très particulière.
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Derrière un espace restauration (encore !), Waitrose aligne une offre de très grands crus, comme un Château Cheval Blanc 1982 à 700 £ la bouteille, soit environ 1 050 €. Et la clientèle achète, puisque les vins réalisent à eux seuls 12 % du chiffre d'affaires alimentaire !
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Le bio représente 12 % du CA fruits et légumes chez Waitrose. Alors que sa part de marché sur l'alimentaire est de 4 %, l'enseigne arrive à peser près de 17 % des ventes de produits bio dans leur ensemble.
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Comme pour le bio, Waitrose se fait fort de proposer une offre large de produits équitables. Ici des bananes « spécialement cultivées » pour l’enseigne, dans de petites exploitations familiales.
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Les Anglais sont réceptifs à une offre de fruits et légumes mûrs à point. Waitrose ne manque pas de leur en proposer (poires, pêches, avocats, etc.).
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L’enseigne joue la carte de la proximité avec les éleveurs. Certains « vrais » agriculteurs sont ainsi mis en scène sur des ILV, à titre d’illustration.
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Les Anglo-saxons sont les champions du cross-merchandising... Au rayon fruits et légumes, ces oranges « à marmelade » sont présentées avec sucre en poudre et bocaux. Reste à savoir s'il est possible de susciter des achats d'impulsion pour la fabrication d'une marmelade maison.
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En fin de parcours, pour l'épicerie et le DPH, le magasin joue les ruptures visuelles, avec des allées en oblique menant aux caisses, excentrées. Les meubles, toutefois, sont bas pour faciliter le repérage.
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Un sens du service très anglo-saxon… A l’entrée, les clients peuvent choisir entre cinq formats de chariots différents, allant de celui adapté pour des personnes handicapées à la version avec deux sièges bébé pour jumeaux !
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Les produits frais bénéficient, dès l'entrée, d'une large perspective, englobant les stands trad en mural et deux bars (« salades et jus », « steaks et huîtres »).
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Le stand boucherie est le premier des rayons coupe installés en ceinture murale, au fond de l’allée pénétrante.
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Les stands sont de taille modeste mais véhiculent bien l’image de professionnalisme de l’enseigne.
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Le magasin joue sur des meubles bas, tout en rondeurs, pour ouvrir l'espace devant sa ceinture murale. Le blanc du décor contribue à l'impression de clarté, de même que l'absence, ici, de balisage des rayons LS.
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Installé dans un quartier de bureaux, Waitrose attire le midi une clientèle à la recherche d'un endroit pour déjeuner. Pas moins de six espaces de restauration sont disséminés dans le magasin. Par ordre d'implantation : salades & jus, steaks & huîtres, sushi, deux comptoirs traiteur chaud « sur place ou à emporter » et un bar à vins qui sert aussi des plats complets. Le bar « steaks et huîtres » (photo) est le plus modeste, avec ses dix tabourets. Mais il sert tout de même 400 couverts par semaine !
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Le premier espace de restauration s’offre au visiteur dès l’entrée du magasin. En face du rayon fruits et légumes, il peut commander salades, jus de fruits frais, smoothies ou soupes chaudes et les consommer sur place ou les emporter.
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Vue d’ensemble du bar « steaks et huîtres », avant l’heure d’affluence.

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