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Leclerc Castres : une ôde à la simplicité

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  • Auteur : Florent Vacheret

C’est un petit hyper (3 000 m2) sobre, très sobre, comme on en rencontre parfois chez Leclerc. « Les grosses affiches fluo ce n’est pas trop notre truc », reconnaît le jeune adhérent, David Primault. Mais dans son nouveau magasin de Castres, inauguré le 12 juillet, il a poussé le bouchon de l’hyper-sobriété bien plus loin que sur la seule signalétique promo. Il n’y a quasiment pas une affiche ou un panneau suspendu dans tout le magasin. Le balisage des allées se fait par de discrètes joues de gondole en PVC, de création maison. Surtout, les prix des produits en TG se contentent d’étiquettes larges, ne dépassant pas 5 cm de hauteur !

Pour une création dans une ville où Leclerc n’a jamais été présent, il fallait oser la jouer aussi « modeste ».

79 centimes le kilo de tomate

Mais l’adhérent est sûr de ses prix… « Notre indice est inférieur à 93. Il n’a pas fallu une semaine pour que les concurrents locaux commencent à appeler les fournisseurs pour se plaindre. C’est bon signe », ironise David Primault. Outre des bons de réduction envoyés en amont de l’ouverture, son plan promo s’est limité à des quatre pages « fin de semaine » centrés sur les produits frais. Avec des prix canon : 79 cts le kilo de tomate et la pièce de melon (les deux d’origine locale), 2,99 €/kg les saucisses Toulouse de fabrication maison, 1,99 €/kg les sardines fraîches, etc. Les Castrais n’ont pas mis longtemps à réagir : six palettes de melon ont par exemple été vendues le week-end de l’ouverture.

Les produits frais sont, sans surprise, la vocation première de ce 3 000 m2. Avec pour point d’orgue, une boucherie coupe « parce que les concurrents n’en ont pas ». Toutes les espèces proposées sur l’étal sont issues d’animaux du département du Tarn : limousine, agneaux, porc « citoyen ». Il faut dire que la proximité avec l’abattoir Bigard facilite les choses. Comme il est de coutume dans le Sud-Ouest, les bouchers assurent également la fabrication d’une gamme de saucisserie.

Poissons perroquets pour les Tahitiens

Le magasin met aussi l’accent sur la poissonnerie, très développée pour sa superficie. « Nous avons une clientèle de militaires issus des DOM-TOM , raconte le poissonnier. Je les connais bien et sais comment les faire venir avec des espèces exotiques ». Un grossiste lui fournit notamment des poissons perroquets, qui font un tabac. « Et je prépare un gros coup avec de la daurade coryphène. » Moins exotique, la rôtisserie n’en propose pas moins une petite gamme très correcte pour un gros super : gamme de porc rôti, pizzas maison, plat du jour et poulets rôtis. La charcuterie et le fromage coupe sont de facture plus conventionnelle. Et on pourra regretter que l’offre de fraîche découpe soit limitée à la portion congrue sur tous les rayons à service.

Un foncier généreux et sécurisé
David Primault a acquis 7 ha de foncier autour de son magasin. A terme, la zone pourrait compter des moyennes surfaces autour du petit hyper. Pour améliorer l’intégration paysagère de la coque, un bardage en composite façon bois a été appliqué à la façade.
David Primault
David Primault, adhérent du Leclerc Castres : « Jouer la sobriété sur le balisage promo ne nous empêche pas d’être très agressif sur les prix.»
Castres s’affiche sur les murs
Pour cultiver son ancrage local, le magasin a disposé une immense bâche reproduisant les façades des anciennes maisons à colombage dominant l’Agout, la rivière locale, au centre-ville de Castres. Elle domine toute la ceinture frais. Le résultat aurait pu faire vieillot mais ce n’est pas le cas.
Une marée de belle facture
Le stand marée a fière allure avec ses panneaux muraux en verre, rétroéclairés. Au delà des considérations esthétiques, le banc est grand et l’offre large pour un magasin de 3 000 m2. Un poissonnier expérimenté, qui a écumé plusieurs magasins sur la ville, officie derrière l’étal.
100 % de viande du Tarn à la boucherie coupe
Profitant de la proximité avec l’abattoir Bigard, Leclerc propose exclusivement de la viande issue du département sur son petit stand coupe. L’abattoir fourni même l’affichette descriptive des animaux. Les bouchers travaillent presque exclusivement de la carcasse. Les clients peuvent les apercevoir derrière une vitrine prévue à cet effet (au second plan sur la photo). Le démarrage est bon : vingt agneaux écoulés en moins d’une semaine.
Des prix en TG minimalistes
L’affichage des prix des articles en tête de gondole pourrait difficilement être plus discret. Ici, c’est la politique du « zéro affiche » qui est privilégiée. Cela a au moins une vertu : la moindre signalétique en devient très visible/lisible.
Le concept Danone en ultra-frais
Le magasin a opté pour le nouveau concept proposé par Danone, qui balise les familles du rayon par des couleurs bien visibles et, surtout, dispose des rampes d’éclairage par spots juste au-dessus de l’allée. Le résultat est plutôt valorisant.
Des promos à tout casser sur le frais
Leclerc Castres a joué à fond le jeu du discount sur la zone marché les premières semaines de l’ouverture. A l’instar de ces tomates de provenance locale, en TG, à 79 cts le kilo. On peut difficilement faire mieux. On retrouve quelques prix cassés de ce type sur tous les rayons à service.
Une boul-pât en mode supermarché
Faute de professionnels qualifiés, David Primault n’a pas hésité à se simplifier la vie sur la boul-pât. Le pain est cru surgelé et la pâtisserie arrive toute prête. « Je ferai sans doute de l’assemblage plus tard, quand j’aurais trouvé les compétences nécessaires », explique-t-il. Bref, on est pas tout à fait au niveau du reste des produits frais. Ce qui ne l’empêche pas d’écouler 900 baguettes/jour.
Le frais est en noir
Cédant à la mode du moment, le petit hyper a habillé ses gondoles de noir sur tout le frais, LS et zone marché, ainsi que sur le rayon vins, misant sur la capacité de cette couleur à mettre en valeur les produits.
Un Espace Culturel dans une ex piscine municipale !
Pour l’obtention du projet, la mairie de Castres avait mis dans la balance la réhabilitation de l’ancienne piscine municipale, classée, en centre-ville. Un chantier colossal ! C’est ainsi qu’un rutilant Espace Culturel de 1 300 m2, sur trois niveaux, a vu le jour il y a un an. « Les résultats sont un peu en dessous de nos objectifs », reconnaît David Primault.
Le bardage en « bois »
La façade est habillée de panneaux imitant le bois. L’effet est très réaliste et l’objectif atteint : offrir une bonne intégration paysagère au magasin.
Une offre très correcte en rôtisserie
Le petit hyper fait l’effort de proposer une gamme de rôtisserie : un plat chaud, des produits rôtis, du poulet et des pizzas maison.
Une allée pénétrante à vocation alimentaire
En dehors des grands temps forts saisonniers, l’allée centrale est réservée trois fois sur quatre à de l’alimentaire, en cohérence avec la superficie du magasin (3 000 m2).
Zéro stop-rayon
Ne cherchez pas un quelconque stop-rayon dans le magasin, ils sont inexistants. La lisibilité de l’offre s’en trouve renforcée et le confort visuel également.
De la Toulouse maison
Incontournable localement, la saucisse de Toulouse est de fabrication maison, comme le reste des saucisses à la coupe. Les bouchers élaborent aussi des brochettes et des préparations marinées.

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