Vianney Mulliez : des défis … et un trésor
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- Auteur : Bertrand Gobin
C’est officiellement le 6 juin 2006 que Vianney Mulliez a pris ses fonctions de président du conseil de surveillance du groupe Auchan. Comme Linéaires l’avait révélé sur son site internet dès le 27 avril, c’est donc cet homme, au profil financier marqué, que l’association familiale Mulliez (AFM), actionnaire majoritaire du numéro deux français de la distribution, a choisi pour succéder à l’emblématique Gérard Mulliez.
Une situation plus limpide
HEC, expert-comptable de formation, ancien auditeur chez PricewatherhouseCoopers, Vianney Mulliez, 43 ans, avait jusque-là, chez Auchan, exercé des responsabilités dans les services financiers, le développement et la branche immobilière. Il devrait sans surprise, au moins dans un premier temps, laisser à leur poste Christophe Dubrulle, président du directoire, et Arnaud Mulliez, le fils de Gérard, patron d’Auchan France. Nul doute qu’au regard de la volonté de consensus qui a toujours la priorité chez les Mulliez, le nouvel homme fort devrait avoir à cœur, sur ce plan, d’assurer une transition en douceur. Il n’empêche, les défis que le groupe doit relever (redressement de la part de marché des hypers en France, avenir de l’enseigne Atac, accélération du développement international, etc.) peuvent potentiellement l’amener à faire des arbitrages délicats. Vianney Mulliez bénéficie en tout cas du plein soutien de l’association familiale Mulliez. Une situation, de ce point de vue, sans doute plus limpide que ne l’était la cohabitation parfois tendue entre son prédécesseur et ses cousins élus au conseil familial.
Une cagnotte à 3,7 Md€
Vianney Mulliez est non seulement très proche de Thierry Mulliez, le patron de l’AFM, mais il dispose aussi de vrais relais au sein de la structure familiale. Son frère, Jérôme, qui vit à Londres, est par exemple en charge du comité des finances. Sa sœur, Séverine Tapié, est pour sa part président de CavaGestion, une société interne à la famille spécifiquement chargée d’optimiser la trésorerie de l’AFM. Cette proximité pourrait se révéler une carte majeure dans son jeu si, d’aventure, des opportunités de croissance externe venaient à se présenter. Ces dernières années, à la faveur de la réduction de son taux d’endettement (aujourd’hui retombé à 44 %), Auchan est parvenu à se constituer des réserves de trésorerie qui atteignent aujourd’hui 1,7 milliard d’euros. Une somme à laquelle on peut ajouter la « cagnotte » de deux milliards d’euros dont dispose l’AFM. Autrement dit, Auchan et les Mulliez ont la capacité financière de mener une grosse opération. A titre de comparaison, ces 3,7 milliards d’euros d’autofinancement potentiel représentent une manne supérieure à celle qu’avait dû sortir Auchan, en 1996, pour s’emparer des Docks de France. A l’époque, le groupe avait été contraint de s’endetter lourdement. S’il lui fallait aujourd’hui investir le même montant, il pourrait le payer cash.
Auchan 2005 : les chiffres-clés
- Chiffre d’affaires HT consolidé : 33,6 Mds€ (+ 10.6 %) A périmètre comparable, sans la consolidation complémentaire des activités italiennes, la hausse est ramenée à + 2,5 %
- Résultat net part du groupe : 964 millions d’euros (+ 44,6 %) Le chiffre inclut 225 millions d’euros de plus-values de cession sur les activités bricolage et textile en Italie.