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Un petit Français chez les Helvètes

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  • Modifié :
  • Auteur : Jacques Bertin

Carrefour s’y est repris à deux fois. Une première tentative en 1991 avec deux magasins, rapidement revendus à Migros. Puis une seconde en 2001 avec douze points de vente, finalement cédés à Coop. S’implanter en Suisse, au cœur d’un empire commercial bicéphale, n’a rien d’une partie de plaisir. Une quinzaine de communes romandes (francophones) disposent pourtant d’une enseigne hexagonale avec des Petit Casino, Super et Hyper Casino. A leur tête : Paul-Louis Chailleux.
Cet insatiable entrepreneur a revendu au groupe stéphanois, voici cinq ans, son magasin de La Chapelle-sur-Erdre, près de Nantes. Il était alors le seul indépendant français sous bannière Géant Casino. Avec les fonds récoltés, il s’est offert le petit groupe Magro. Indépendante, mais liée par des contrats d’enseigne et d’approvisionnement à Casino, son entreprise tente, depuis, de se faire une petite place au milieu des mastodontes locaux.
La chaîne n’aligne aucun grand hyper ici. Ses magasins ne dépassent pas les 5 000 m2. Les Suisses ont leurs propres habitudes de consommation. Pour se distinguer, l’enseigne compte sur son large choix de produits, Casino et marques nationales, introuvables dans le pays. « Nous bénéficions de tout l’assortiment Casino France, avec environ 3 500 références de MDD, explique Laurent Négron, directeur commercial de Magro-Casino. Nous sommes aussi les premiers à proposer certains produits, comme ce fut le cas pour le Coca-Cola Zéro. »
Les droits de douanes ne facilitent pas sa tâche. « Nous faisons rentrer tout ce qui est possible, enchaîne Laurent Négron. Mais pour la viande, les produits laitiers, la farine ou le sucre, il vaut mieux tout de suite oublier. » L’enseigne souffre aussi de sa petite taille qui la handicape au niveau des conditions d’achat. Malgré cela, elle continue de se développer. Un seizième point de vente se construit actuellement à Genève.
Avec un chiffre d’affaires légèrement inférieur à 160 millions d’euros, Casino-Magro n’est plus loin du seuil de rentabilité. Le défi est peut-être en passe d’être gagné. Les clients suisses ne semblent pas hostiles aux enseignes étrangères. De bonne source, le chiffre d’affaires des hypers Carrefour repris par Coop aurait d’ailleurs chuté de plus de moitié.

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