Michel-Edouard Leclerc fustige les agences de notation
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- Auteur : A.Monnier
Les sorties médiatiques de Michel-Edouard Leclerc font souvent parler d'elle. L'interview accordée à Europe 1 hier ne déroge pas à la règle.
Le patron des centres E.Leclerc a d'abord dressé le bilan de la consommation en 2011, rappelant les bonnes performances de son enseigne. "La consommation a été au rendez-vous en 2011. Leclerc finit l'année à 5 % de croissance". Une dynamique que le patron explique toujours par l'agressivité commerciale, défendant des prix au minimum "4 % moins chers" que les concurrents. "On avait anticipé que seulement quelques uns allaient attirer les consommateurs. Donc on a mis des points de marges dans les prix. Ça fait 30 ans que je suis dans le métier, je n’ai jamais vu les consommateurs autant comparer", relate-t-il. MEL s'est également dit inquiet pour 2012: "c’est maintenant que la crise financière va se faire ressentir. Ce qui menace, c’est le recul du pouvoir d’achat."
Mais ce qui fait les choux gras des médias, c'est le parti-pris de Michel-Edouard Leclerc contre les agences de notations.
"Il faut flinguer tous ces mecs"
Lorsqu'on lui demande s'il compte s'immiscer dans le débat en vue de la présidentielle, le distributeur répond, tranchant : "Il faut arrêter d’écouter les agences de notation. Ces mecs se sont trompés en 2008 [...]. Je vais m’engager pour que la France puisse avoir un débat libre, choisir librement ses axes de croissance. Il faut flinguer tous ces mecs qui viennent nous donner des leçons alors qu’ils n’en rendent à personne."
MEL va plus loin en annonçant que cette prise de position contre les agences de notations allait être mise en avant via des campagnes dans les médias. "Nous les acteurs de l’économie réelle, on doit se regrouper pour ne pas se faire bouffer par ces types. On a un combat à mener et je prendrai position, notamment par des voies de communication, pour ne pas qu’on laisse ces types là nous voler notre débat de société. Il l’ont fait en Grèce avec Papandréou, en Espagne avec Zapatero. Ce ne sont pas les Italiens qui ont viré Berlusconi, ce sont les agences de notation. Ce n’est pas normal. Il faut que nous maîtrisions notre destin, et ça c’est l’affaire de tous."