La nouvelle fait plutôt mauvais effet pour Leclerc. Le groupe Lancry, son franchisé en Martinique, a déposé le bilan. Il a été placé en redressement judiciaire dans la foulée.
Lancry possède deux hypermarchés près de Fort-de-France, deux ex-Carrefour : Place d’Armes (6 500 m²) et Long pré (3 300 m²). Il lorgnait aussi sur le petit Cora de Cluny.
En vérité, les difficultés du groupe Lancry n’étaient un secret pour personne dans le petit monde de la distribution martiniquaise. Les derniers mouvements de grève dans l’île, notamment le blocage des containers dans le port, ont fini par rendre intenable la situation financière du groupe familial, déjà précaire. Lancry a sans doute aussi été fragilisé par les baisses de prix consenties suite au passage sous enseigne Leclerc.
Une reprise en main par Leclerc ?
Il est fort probable que Leclerc ne laissera pas son nouveau franchisé sombrer. Un retrait piteux de l’enseigne de Martinique serait à coup sûr un revers pour son image. Les adhérents en métropole vont vraisemblablement devoir donner un coup de pouce au groupe Lancry.
Reste à savoir si, dans cette hypothèse, les Lancry resteront aux manettes ou si un adhérent métropolitain reprendra l’affaire en main. La liaison entre Leclerc et son franchisé est assurée par Michel Mallet, adhérent à Bapaume-les-Rouen. L’accord d’affiliation avait été signé en octobre dernier.
Un retrait de Leclerc serait aussi une mauvaise nouvelle pour les Martiniquais. L’arrivée de l’enseigne avait occasionné une baisse des prix, ses concurrents se devant de répliquer au groupe Lancry. Dans une enquête publiée fin décembre, Linéaires avait révélé que les prix des produits alimentaires étaient en moyenne 84 % plus chers en Martinique qu’en métropole.