L'ambiance de l'émission avait beau rester détendue, les questions des animateurs étaient incisives, alternant les stéréotypes sur la grande distribution et les interrogations qui tapaient juste.
Michel-Edouard Leclerc a ainsi été interrogé non pas sur la défense du pouvoir d'achat (terrain qu'il affectionne) mais sur la mauvaise réputation de sa centrale d'achats et sa façon très dure de négocier avec les fournisseurs.
Le distributeur est resté sur la défensive, rappelant au passage que ces reproches existaient depuis que son père s'était lancé dans la distribution :
S'il y a des erreurs, des comportements inadmissibles, déloyaux, etc., qu'on les sanctionne. On a la direction administrative de la concurrence la plus "épaisse" d'Europe et la plus investie dans les entreprises.
Michel-Edouard Leclerc, en revanche, s'est montré plus offensif quand la discussion a basculé sur le thème des relations avec le monde agricole.
Est-ce que vous croyez qu'aujourd'hui un seul autre distributeur achète plus cher que les centres Leclerc ou Carrefour aux agriculteurs français ? Je vous mets au défi de citer ceux qui payent plus cher que nous. Je ne dis pas que c'est assez. Mais la distribution française est celle qui rémunère le mieux son agriculture.
Si vous voulez que l'Etat nous interdise de vendre moins cher, je n'ai rien contre. Je ne suis pas un ultra-libéral. Mais malgré toute cette pression, je n'augmenterai pas les prix.