Le programme des candidats - Relations commerciales
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- Auteur : Propos recueillis par Julien UGUET
Relations commerciales Le cadre législatif actuel répond-il, pour vous, aux objectifs de moralisation nécessaire entre fournisseurs et distributeurs ? Souhaiteriez-vous une réforme, et dans quel sens ?
François Bayrou, UDF : "Si des quartiers perdent leurs commerces, si les centrales d'achat dictent leur loi, ce n'est pas une fatalité. C’est le résultat d'une politique qui ne regarde que les intérêts financiers à court terme, et ignore les besoins durables des producteurs et des consommateurs. Les centrales d'achat sont hyper-puissantes, forment un oligopole. Elles imposent leurs conditions et écrasent les fournisseurs de produits agricoles, de produits frais. Il faut permettre aux producteurs de s'organiser face aux distributeurs, et pour cela modifier les règles européennes. Le commerce équitable est une des réponses les plus intéressantes qu'on ait trouvées ces dernières années. Cela rend possible une garantie des prix, de la qualité, de la commercialisation. Cela montre qu'un autre commerce est possible."
Ségolène Royal, PS : "Ce que j’entends des entrepreneurs qui sont en relation avec les grands distributeurs m’encourage dans ma volonté de modifier les règles qui président aux relations contractuelles entre fournisseurs et distributeurs. Par exemple, les agriculteurs français sont parfois victimes de pratiques déloyales au terme desquelles il n’y a plus de négociation possible que l’acceptation de conditions imposées. On se situe alors dans un contrat d’adhésion. Je veux dire aussi aux distributeurs qu’il est dangereux pour notre économie de vouloir absolument obtenir des PME et TPE françaises les conditions tarifaires de concurrents qui n’ont, ni les mêmes normes sociales, ni les mêmes normes environnementales que nous. La lutte contre la vie chère est un objectif que je partage avec de nombreuses enseignes mais elle ne justifie pas que l’on étouffe les PME françaises. La question des marges devra être revue, mais aussi le partage des risques de marché."
Nicolas Sarkozy, UMP : "Sans doute les textes sont-ils assez précis. Mais force est de constater que leur application n’est pas toujours satisfaisante. Je veux renforcer les contrôles. Je m’interroge également sur l’opportunité de réserver les sanctions pénales aux fautes les plus graves et d’avoir un régime de sanctions administratives pour les manquements les moins graves, comme c’est le cas en matière fiscale. Notre système de contrôle et de sanction serait de fait beaucoup plus efficace."