Philippe Cousyn n’est pas seulement l’adhérent Leclerc de Lannion (22). Il est aussi le patron de la Scarmor, la centrale des Leclerc bretons. A ce titre, régulièrement, lors de chaque poussée de fièvre dans le milieu agricole, il reçoit la « visite » de producteurs en colère. Un « privilège » qu’il partage avec son collègue de Plérin (22), où se situe le marché au cadran du porc.
« Les éleveurs se trompent de cible »
Précisément, samedi dernier, ce sont des éleveurs de porcs qui ont bloqué les accès au centre Leclerc de Lannion. Dans une interview accordée au quotidien Ouest-France, Philippe Cousyn ne cache pas son exaspération : « Même si je comprends leurs problèmes, j’en ai marre de servir de bouc émissaire. Moi, j’ai 200 salariés à faire vivre. Ils se trompent de cible. Leur problème aujourd’hui, c’est la hausse de 30 % du cours des céréales, ça les impacte de 20 à 30 centimes sur le kilo de porc vif. On n’y peut rien. »
Le patron de la Scarmor se défend par ailleurs de pratiquer des marges trop élevées sur le porc et affirme que Kermené (l’abattoir du mouvement Leclerc) « a tout fait pour que les cours remontent au marché au cadran ». Et Philippe Cousyn de conclure : « En nous prenant pour cible, ils font le jeu des multinationales qui spéculent et des hard discounts allemands qui ne vendent pas du porc français ».