L'Observatoire des marges relativise les données de la FCD
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- Auteur : B. Merlaud
| Boucherie | Fruits etlégumes | Produitslaitiers | Charcuterie | Volaille | |
| Chiffre d'affaires | 100 | 100 | 100 | 100 | 100 |
| Coût d'achat des produits | 75,9 % | 72,6 % | 76,6 % | 69,4 % | 73,8 % |
| Frais de personnel du rayon | 10,4 % | 8,0 % | 4,0 % | 6,7 % | 3,6 % |
| Autres charges | 15,5 % | 18,9 % | 17,5 % | 18,7 % | 16,6 % |
| Marge nette | -1,9 % | 0,6 % | 1,9 % | 5,1 % | 5,9 % |
| Marge nette selon la FCD | -4,4 % | -0,7 % | 2,9 % | 6,1 % | 4,9 % |
Source : Observatoire des prix et des marges, FCD.
L'Observatoire des prix et des marges a remis hier son rapport annuel aux ministres de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire. Le lourd document (plus de 400 pages de calculs) confirme que le résultat net des enseignes, rayon par rayon, est modeste. Mais pas autant que ce que la FCD avait communiqué avant l'été.
Selon l'Observatoire, ainsi, la marge nette des hypers et supermarchés est bien négative en boucherie (-1,9 % du CA), mais on est loin du résultat catastrophique annoncé par la FCD (-4,4 %).
La Fédération du commerce et de la distribution signalait également des pertes aux fruits et légumes (-0,7 %). D'après les calculs dévoilés hier, le rayon dégagerait plutôt un léger bénéfice (+0,6 %).
De même, la marge nette sur les produits de volaille ressort à 5,9 % et non à 4,9 %.
Sur deux autres rayons, en revanche, l'Observatoire des prix et des marges note une situation moins confortable que celle calculée par la FCD.
La marge nette sur les produits laitiers arrive à 1,9 % au lieu de 2,9 %. Celle de la charcuterie, enfin, ressort à 5,1 %, contre 6,1 % selon la FCD.
Davantage d'enseignes
Anticipant la sortie du rapport de l'Observatoire des prix et des marges, auquel elle a contribué, la FCD avait publié ses propres chiffres en juin dernier. Sans pointer les écarts avec ces derniers, l'Observatoire précise que ses calculs intègrent les données communiquées par des enseignes non membres de la FCD (Leclerc, Intermarché). Les méthodes retenues ont également pu amener à réviser, par exemple, les taux d'affectation des frais fixes rayon par rayon.
"En juin 2011, les analyses du premier rapport de l'Observatoire s'étaient arrêtées au stade des marges brutes de la grande distribution, rappelle Philippe Chalmin, le président de l'Observatoire des prix et des marges. Grâce à la participation des sept grandes enseignes de la distribution, le rapport 2012 présente pour la première fois une approche analytique des charges, et donc des marges nettes."
Calculs parfois grossiers
Ce progrès est d'autant plus notable que le calcul par l'Observatoire des marges brutes de la distribution, publié au détail pour quelques produits, se révèle parfois plutôt grossier (prenant par exemple en compte les cotations de certaines pièces sur le marché de gros de Rungis, pourtant non destiné aux GMS, et les prix de détail rapportés par un panel de consommateurs).
Le rapport 2012 de l'Observatoire ne donne évidemment pas d'indications sur les marges enseigne par enseigne. Mais l'on y apprend que les marges brutes sont généralement homogènes d'un distributeur à un autre (différence entre le prix d'achat et le prix de vente des produits). En revanche, les frais de personnel sont beaucoup plus variables pour chaque rayon (hormis la boucherie), traduisant des stratégies d'enseignes différentes.
A l’occasion de la présentation ce rapport, les ministres ont annoncé la tenue d’une table-ronde sur les relations commerciales entre producteurs, transformateurs et distributeurs le 21 novembre prochain.