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Dominique Schelcher : "Nous allons chercher de la déflation lors des négos avec les grands industriels"

Ce 3 octobre, Dominique Schelcher, président de Coopérative U, avait invité la presse pour son point annuel sur les dossiers clés pour le distributeur. Isolement aux achats, négos, performances, plan de développement Cap 15, etc. Découvrez ses principales déclarations :
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  • Modifié :
  • Auteur : Frédéric Carluer-Lossouarn
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Dominique Schelcher, président de Coopérative U. Photo : Enjoy prod.
Sur la sortie de Co opérative U des centrales d’achats européennes Everest/Epic :

" Mi-septembre, nous avons conclu un divorce à l’amiable avec Everest. Nous étions sur un constat de désaccord sur le mode de fonctionnement de cette centrale européenne. Sur le plan humain, sur les valeurs, il y a eu une ligne rouge de franchie pour nous de la part des dirigeants d’Everest. Nous n’acceptons pas que des décisions nous soient imposées, en particulier si elles risquent de contrevenir au droit français. "

" Nous étions confrontés à des distributeurs européens qui pouvaient ne pas comprendre la spécificité de la réglementation française. Nous nous sommes trompés sur les partenaires (le distributeur allemand Edeka est le principal actionnaire d’Everest, NDLR). Les centrales d’achat européennes fonctionnent très bien sur le volet services aux industriels, pas sur la négo du 3 fois net au niveau européen. "

L’isolement des U aux achats désormais :

" Coopérative U est une belle mariée, je n’exclus rien sur de nouveaux partenariats mais nous prendrons le temps avant d’envisager une nouvelle alliance aux achats. Nous ne signerons rien si cela ne nous convient pas. En attendant, nous mènerons les prochaines négociations commerciales seuls, nous l’assumons pleinement. Nous avons mis en place une nouvelle organisation aux achats, avec le binôme Guillaume Dumarché, associé U à La Madeleine à Lille, et Marion Libersac, permanente. Avant, l’équipe s’occupait à la fois de l’offre et des achats. Désormais, elle dispose de plus de temps pour se consacrer uniquement à l’offre. "

" Je ne suis pas inquiet sur nos prix, nous avons rogné sur nos coûts opérationnels pour baisser les prix et ils ont encore reculé de 1 point en septembre. La taille ne fait pas tout. Des distributeurs plus gros que nous ont des prix plus élevés. "

Les négociations commerciales 2025 :

" Les distributeurs vont malheureusement devoir renégocier selon la loi Descrozaille (Egalim 3) . Ce texte a occasionné de grandes difficultés pour le DPH-Hygiène, il nous manque du chiffre sur ce rayon. "

" Nous allons aller chercher de la déflation lors des négociations auprès des grands industriels, il y a matière à obtenir des baisses. C’est le maillon qui a le plus profité de l’inflation, pas la grande distribution. Il y a aussi un manque de transparence. Les grands industriels refusent de fournir leurs données aux pouvoirs publics alors que les distributeurs les fournissent à l’Observatoire de la formation des prix et des marges. Les industriels ne sont pas transparents sur la part de la matière première agricole dans leurs prix. "

Réformer Egalim :

Magasin U façade 1
" Nous demandons qu’il y ait l’obligation d’une négociation de premier niveau entre les industriels et le monde agricole, pour préserver la matière première agricole. Ce serait spectaculaire, avec des surprises. Aujourd’hui, sur les marques nationales, les agriculteurs ne sont pas associés aux négos avec les industriels. Cette négociation doit intervenir avant celle entre les industriels et les distributeurs et être contrôlable par la DGCCRF. Il faut aussi revenir sur la loi Descrozaille, fruit d’un habile lobbying des industriels, mais qui nous pénalise et nous empêche d’aider les consommateurs. "

" Au-delà de toutes ces réformettes qui se sont accumulées, il faudrait simplifier la réglementation commerciale, le code du commerce, réformer en profondeur. "