Commerce : le programme des candidats
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- Auteur : Propos recueillis par Julien UGUET
Pouvoir d’achat La défense du pouvoir d’achat est au cœur des programmes de tous les candidats. Quelles mesures concrètes, concernant le grand commerce, souhaiteriez-vous prendre à ce sujet ?
François Bayrou, UDF : « Le sujet du pouvoir d’achat illustre le décalage entre les citoyens et le pouvoir. D'un côté, les dirigeants, relayant les statistiques officielles, affirment que le pouvoir d'achat augmente... alors que les Français ont à l’évidence le sentiment contraire. La fin du mois, c'est une question qui taraude les Français. Autrefois, il n’y a pas si longtemps, avec un salaire moyen, on vivait et on mettait un peu d'argent de côté. Aujourd'hui, on a du mal à joindre les deux bouts. Il faut donc que, sur le prix du travail assumé par l'entreprise, le salaire direct ait une plus grande part. Je propose de libérer les heures supplémentaires. De permettre au salarié qui veut faire une heure supplémentaire de bénéficier d’une prime de 35%, beaucoup plus importante qu’aujourd’hui, notamment dans les petites entreprises, sans que cela coûte plus cher à l’entreprise. »
Ségolène Royal, PS : « J'ai fait de la lutte contre la vie chère et du pouvoir d’achat garanti une priorité de mon pacte présidentiel. La première mesure passe bien évidemment par une revalorisation des salaires. Le SMIC sera porté à 1500 euros d’ici la fin de la législature. Afin de tirer vers le haut tous les salaires, une conférence nationale sur les salaires, les revenus et la croissance réunissant les partenaires sociaux sera organisée dès juin 2007. Pour financer les dépenses des familles liées à l'école, dès la prochaine rentrée, je propose de doubler l'allocation de rentrée scolaire qui sera versée aux familles en deux fois. Pour que ces mesures s'inscrivent dans la durée et que l'on prenne bien en compte les véritables coûts, je propose de mettre en place plusieurs indices des prix reflétant la dépense des ménages (minima sociaux, SMIC, retraites). J’ai beaucoup été critiquée sur ce point, mais je note que l’INSEE vient d’installer un instrument qui va dans le sens de ce que je préconise, accessible sur internet. Il faudra faire plus.
Il nous faudra aussi passer par une vraie refonte des règles sur les marges arrière pour que les consommateurs touchent les dividendes d’une concurrence loyale et non faussée. Je veux dire que la concurrence doit d’abord bénéficier aux consommateurs. Enfin, je veux dire un mot d’un sujet dont vient de s’emparer la Commission européenne et que les socialistes estiment essentiel pour les relations entre les distributeurs et la clientèle : les actions de groupe. Les socialistes ont déposé une proposition de loi qu’ils reprendront s’ils sont en situation de le faire. Pourquoi j’en parle ? C’est parce que nous croyons que la lutte contre la vie chère est aussi affaire de contrepouvoir pour les consommateurs. L’action de groupe, si elle est bien encadrée, permet l’émergence de cet équilibre, et garantit aussi aux concurrents des pratiques loyales. »
Nicolas Sarkozy, UMP : « Je veux accroître la concurrence dans le secteur de la grande distribution en permettant aux distributeurs de réintégrer la totalité des marges arrière dans le calcul du seuil de revente à perte. C’est ainsi que les enseignes pourront faire bénéficier les consommateurs du résultat des négociations qu’elles mènent avec les industriels. Je veux que la baisse des prix induite par la mondialisation se répercute réellement dans les prix proposés aux consommateurs. Je veux enfin que les autorisations d’urbanisme commercial permettent davantage de concurrence entre enseignes sur le plan local. »