Arnaud Mulliez monte au créneau sur le drive
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- Auteur : B. Merlaud
Arnaud Mulliez, le président d'Auchan France, a publié une tribune dans Les Echos ce mardi 9 juillet pour dire son inquiétude quant aux perspectives de régulation des drives.
Il voit planer une double menace sur ce nouveau circuit de distribution : un encadrement qu'il estime infondé dans les règles usuelles d'urbanisme commercial et la soumission à une taxe qu'il considère comme injuste.
Sur la nécessité d'intégrer le drive dans le droit sur l'urbanisme commercial, Arnaud Mulliez conteste l'impact sur le trafic routier et les nouveaux risques d'engorgements près des points de retrait.
" Une simple étude attentive des flux de transport montre que les "drives" permettent au contraire une optimisation des déplacements, puisque la plupart des collectes se font sur un axe domicile-travail et ne correspondent pas à un trajet spécifique ", écrit le président d'Auchan France.
Sans être systématiquement valable, l'argument fait sens. On imagine mal cependant qu'il pourra faire fléchir le législateur, puisque de toute façon chaque projet serait examiné au cas par cas.
L'autre point de contestation, lui, ouvre davantage au débat. " Soumettre le "drive" au droit de l'urbanisme commercial, c'est lui promettre la taxe sur les surfaces commerciales (Tascom) ", s'alarme le distributeur.
Autant il peut paraître logique de soumettre les drives à la Tascom si on considère leur vocation similaire à celle des supers ou des hypermarchés, autant elle devient discriminante si on compare le drive à d'autres circuits de vente en ligne.
" Si les "drives" doivent un jour s'acquitter de la Tascom, alors même qu'ils ne sont pas des surfaces commerciales, quid des entrepôts des autres acteurs de l'Internet, qui continueront à n'être soumis à aucune taxe ? ", interroge Arnaud Mulliez.
Le distributeur évoque ainsi, sans le nommer directement, Amazon : " nous avons déjà laissé entrer le loup dans la bergerie, évitons d'aller plus loin en lui offrant, en guise de dîner, ses concurrents sur un plateau ".
Pour donner plus de poids à ses arguments, outre un couplet sur l'excès de réglementation en France (qui flattera davantage les oreilles des entrepreneurs que celles des parlementaires), Arnaud Mulliez évoque les créations d'emplois de ce secteur en expansion. Le groupe Auchan à lui seul a créé 5 300 postes dédiés au drive, dont près de 1 500 l'an dernier.
Le distributeur estime que le chiffre d'affaires du drive, toutes enseignes confondues, représentait 1,8 milliard d'euros début 2013 et qu'il pourrait se monter à 6 milliards en 2015.