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L’Isle Adam (95) [Marc Reidiboym]

3 Juin 2009

Leclerc Persan
Leclerc Persan, vainqueur du Qualiscope à L'Isle Adam avec une note moyenne de 6,60/10

  1er 2e 3e 4e 5e 6e
  Leclerc Intermarché Carrefour Leclerc Champion Casino
  Persan Méry s/ Oise Grand Val r. Beaumont Luzarches r. St Lazare
  5 400 m2 2 000 m² 9 000 m2 2 500 m2 2 350 m2 1 900 m²
Classement général 6,66/10 6,50/10 6,26/10 6,15/10 5,58/10 4,65/10
Accueil 3e 6,9 2e 7,8 5e 5,0 1er 8,1 4e 6,6 5e 5,0
Compétence personnel 1er 6,3 3e 5,6 5e 2,9 6e 2,5 4e 5,0 2e 6,0
Confort 2e 7,0 4e 5,6 1er 7,2 3e 6,3 5e 5,5 5e 4,8
Fraîcheur 6e 4,2 4e 6,5 1er 7,7 3e 6,6 2e 7,2 5e 6,2
Propreté 5e 6,9 2e 7,2 3e 7,1 3e 7,1 6e 5,6 1er 7,5
Service 2e 5,3 2e 5,3 1er 5,4 4e 4,0 5e 3,3 6e 3,1
Prix 1er 10,0 4e 7,4 2e 8,6 3e 8,5 5e 5,9 6e 0,0

Tous les mois, les journalistes de Linéaires visitent six magasins d’une même ville. Objectif : porter un regard de client. D’un mois à l’autre, la grille d’évaluation est identique, composée de 100 critères d’observation.

Une espèce en voie de disparition, c’est souvent très intéressant à observer. Quels efforts déploie-t-elle ? Comment réagit-elle à l’élimination progressive de ses représentants ? Prépare-t-elle activement sa « renaissance » ? Autant de questions qui viennent à l’esprit en franchissant la porte de Champion Luzarches, à quelques kilomètres de l’Isle Adam. Malheureusement, la réponse déçoit un peu : poussé dans ses retranchements, Champion se contente de faire… du Champion. Il utilise – mal – ses fruits et légumes comme carte de visite à l’entrée du magasin, fait l’impasse sur le fromage à la coupe, assure le « minimum syndical » côté propreté et services. Résultat : une avant-dernière place au classement et une note globale tout juste supérieure à la moyenne.

« A quoi bon se démener quand on se sait en sursit ? », objectent déjà les lucides. Mais le défi n’est-il pas précisément de passer de Champion à Carrefour Market dans les meilleures conditions possibles, c’est-à-dire avec un « capital commercial » – fréquentation et chiffre d’affaires – préservé ? Peut-être pas, après tout… Peut-être les cadres de Carrefour préfèrent-ils laisser la situation se détériorer lentement pour mieux démontrer ensuite la pertinence du changement d’enseigne, c’est-à-dire de leurs choix ? Ce qui est sûr en tout cas, c’est que le haut Val d’Oise est tout sauf un champ d’excellence pour le groupe de Lars Olofsson. Carrefour Grand Val, son principal représentant, y obtient une décevante troisième place. Non que le magasin soit désagréable ou vieillot : il affiche les aménagements les plus récents de l’enseigne et sa zone charcuterie-traiteur-rôtisserie est un modèle du genre. Autres atouts : des prix maîtrisés et un niveau de fraîcheur supérieur à la moyenne. Mais comme souvent chez Carrefour, le personnel manque cruellement de motivation ou de formation. A moins que ce ne soit les deux à la fois…

Les meilleures performances de la zone, c’est plutôt chez les indépendants qu’il faut les chercher. Leclerc Persan et Intermarché Méry ont beau manquer d’éclat, leur régularité et l’implication de leur personnel font au final la différence. C’est particulièrement frappant chez Intermarché, chaotique de prime abord dans son aménagement. Les rayons coupe y sont tous présents et tenus par des vendeurs compétents et serviables. La propreté est semble-t-il un souci constant dans la plupart des rayons. Les services, enfin, sont dans la moyenne. Contrairement à Casino ou à Champion, le Mousquetaire n’affiche aucun défaut majeur. Quant à Leclerc Persan, la vive concurrence interne qui sévit dans la zone – pas moins de quatre magasins du Mouvement implantés dans un rayon de 15 kilomètres ! – semble le stimuler : son personnel y est plus rigoureux qu’ailleurs et il prend nettement l’avantage sur les prix. Moins favorisée que celle de l’Isle Adam, la clientèle de Persan y est sans doute pour quelque chose…

Enquête réalisée les 29 et 30 avril 2009

Retrouvez les résultats complets et le tableau des prix dans le numéro de juin de Linéaires

L'oeil en coin

Enfin un « pro » à la marée !

Service irréprochable, compétence et sourire en prime. Dans le genre, la prestation de l’employé du rayon marée d’Intermarché est un sans faute. Au client qui l’interroge sur les différentes catégories de saumon proposées, l’homme s’explique clairement et simplement. Il n’oublie pas les darnes actuellement en promotion, qu’il s’empresse d’aller chercher en réserve pour en exhiber la fraîcheur. Un peu plus tard, le voilà lancé dans un topo détaillé sur ses plateaux de fruits de mer, leur composition, leur prix et les différentes formules proposées (prix à la portion ou au poids, etc.). A l’évidence, le vendeur sait de quoi il parle et sa passion est communicative.

Du « trad » modernisé… et déroutant

Comment passer du fromage coupe au 100 % frais-emballé sans en avoir l’air ? Réponse chez Carrefour. Plutôt que d’aligner les barquettes dans des bergeries réfrigérées, le magasin a conservé le mobilier et la présentation d’un rayon traditionnel. Les portions prédécoupées sont posées directement sur les meules ou les fromages entiers. A première vue, on jurerait un véritable stand « trad ». Seules les vitres, surbaissées pour permettre au client de se servir, diffèrent de l’équipement habituel. Pas sûr que tout le monde ait le bon réflexe, surtout dans un hyper de 10 000 m². Témoin cette dame âgée, qui attend désespérément l’arrivée d’une vendeuse…

L’info est là… pas sa mise à jour

Leclerc Persan fait de louables efforts d’information au rayon fruits et légumes : une affichette signale l’indisponibilité de plusieurs produits (oranges d’Espagne, pommes de terre nouvelles, etc.) proposés sur prospectus. Précis, le texte indique même que les produits en question figurent à la page 31 du prospectus et arriveront en magasin… le 26 mars 2009 ! L’information est donc périmée depuis deux mois. Champion fait encore plus fort en boucherie LS. Placé bien en évidence, un certificat atteste de l’origine de la viande proposée dans les barquettes : l’abattoir de Challans, en Vendée. Le document indique le type racial, l’élevage d’origine de l’animal, sa date de naissance et enfin sa date d’abattage : le 26 février 2009 !

Sans commentaire

Chez Leclerc, en milieu de journée, une seule et même vendeuse sert la charcuterie et le poisson. Après avoir tranché du jambon à un premier client, la voilà qui répond aux demandes d’un second venu pour des pavés de saumon. Consciencieuse, la jeune femme jette ses gants et en enfile une paire neuve, puis s’exécute. Le second client lui demande alors de la charcuterie. « Vous auriez pu passer à la charcuterie d’abord, se plaint-elle aussitôt. Je vais devoir changer de gants une deuxième fois ! »

A faire

Des podiums en fruits et légumes

Les compléments de gamme sont peu visibles au rayon fruits et légumes ? Carrefour contourne le problème avec de petites tablettes surplombant les cagettes, et fixées sur la structure portante. Ces « rehausses » mettent fort bien en scène les offres du moment.

A éviter

L’info à chercher soi-même

Chez Champion, on ne perd pas de temps sur les ardoises du rayon fruits et légumes. A la case « origine », plusieurs d’entre elles mentionnent simplement « voir sachet » ou « voir barquette ». Le libre-service est décidément la règle…

Un magasin transformé en patinoire

Patins obligatoires au rayon glaces de Champion… Un technicien vient tout juste de terminer son intervention sur les meubles, de type « requin », et une fine couche d’un liquide indéterminé mais fort glissant recouvre le sol. Aucun balisage en vue. Il faut pourtant se tenir aux meubles pour ne pas tomber.

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