Pommes, poires, raisin : un rayon à pépins [Jacques Bertin]
La pomme reste le fruit préféré des Français, avec plus de 18 kg consommés, chaque année, par foyer. Mais la situation a de quoi inquiéter. Plutôt bien orientées en début de campagne 2008-2009, les ventes (en volume) ont, ensuite, considérablement chuté. Au mois de mars, par exemple, alors que la consommation atteint son niveau traditionnellement le plus haut, elles étaient inférieures de 11 % à la moyenne des quatre années précédentes. Sur une période plus large, d’août 2008 à mars 2009, le recul est tout aussi significatif : - 9 % par rapport aux chiffres de 2004-2006.
En valeur, la situation n’est guère plus réjouissante. Les statistiques de TNS Worldpanel montrent une baisse du chiffre d’affaires de 2 % sur un an et de 5 % au regard des résultats de 2004-2006. La hausse du prix moyen (1,58 €/kg en 2008) n’a pas permis de compenser le fléchissement des ventes. Tout juste a-t-il dû dissuader certains consommateurs de passer à l’acte.
Côté producteurs, la saison qui commence ne s’annonce pas brillante. Certains opérateurs ont eu les plus grandes difficultés à déstocker et pourraient casser les prix pour écouler leur précédente récolte. La campagne partirait, donc, sur une base moins élevée que l’an passé. D’autant que, crise oblige, certains marchés d’export sont nettement moins intéressés par la production hexagonale.
Cette perspective offre des opportunités intéressantes aux distributeurs. Certains en profiteront pour gonfler leur marge, d’autres pour redorer leur image-prix. Le sachet 2 kg a encore de beaux jours devant lui. Mais l’erreur serait de se concentrer uniquement sur le tarif choc. Car ce n’est pas ainsi qu’on fait progresser un rayon. Il faut aussi redonner de la valeur à la pomme.
N’hésitez pas à faire découvrir les différentes variétés, à mettre en valeur des pommes locales ou de nouvelles créations plus écologiques, comme les fruits bio ou résistants à la tavelure (Juliet, Ariane, Antarès, etc.). Plébiscitée pour ses bénéfices santé, la pomme ne doit pas sombrer dans la banalité. Une nouvelle campagne, mise en place par l’Association nationale pommes et poires, ira également dans ce sens : publicités TV (en octobre puis en janvier), actions en points de vente, dans la restauration et dans les salles de sport, etc.
La problématique n’est pas très différente pour la poire et le raisin. Ces fruits ont connu une bien meilleure campagne 2008 que la pomme. Avec un chiffre d’affaires en hausse de 6,2 % par rapport à 2004-2006 pour le premier et de 11,5 % pour le second. Mais tous deux doivent séduire de nouveaux consommateurs. Car leur cœur de cible reste globalement âgé. C’est l’un des objectifs de la poire Angélys et du raisin sans pépins, méconnu en France mais qui cartonne déjà dans de nombreux pays étrangers.
