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Sécurité alimentaire : les graves inquiétudes de la Cour des Comptes [B. Merlaud]

30 Mai 2014
La Cour des Comptes se montre très alarmiste sur la fabrication des premiers prix

Le Télégramme a publié des extraits d'un rapport de la Cour des Comptes, resté confidentiel, sur la sécurité alimentaire.

Dans ce document, la Cour regrette le manque de sanctions à l'égard des contrevenants. Elle se montre très alarmiste, en particulier, sur la fabrication des premiers prix et l'usage des pesticides en France.

S'agissant des premiers prix, Le Télégramme rapporte que plusieurs découvertes ont choqué la Cour des Comptes.

Quelques exemples sont cités qui, même s'il s'agit de cas isolés, frapperont les esprits : "viandes gris verdâtre impropres à la consommation humaine dans des charcuteries, moisissures, souris vivantes ou mortes, excréments de souris dans des étuves à chorizo, fromage ramassé à la raclette sur le sol pour en faire du fromage fondu".

Viande séparée mécaniquement

La Cour des Comptes déplore également l'usage de plus en plus répandu de "viande séparée mécaniquement" dans les premiers prix. Ce produit, "obtenu par l'enlèvement, à l'aide de moyens mécaniques, de la viande des os de carcasses et pouvant donc contenir des résidus d'os, de cartilage ou de moelle", était autrefois surtout destiné aux aliments pour animaux. Aujourd'hui, on en trouve dans de nombreuses charcuteries bas de gamme.

"Ces produits ne correspondent aucunement à l'idée que peut s'en faire le consommateur, même averti", désapprouve la Cour. Là encore, des cas de "manquements graves aux conditions d'hygiène" et des "failles de traçabilité" sont évoqués.

Et la juridiction de conclure : "l'offre des produits premiers prix peut paraître attractive, mais leur consommation systématique pourrait avoir, à terme, des répercussions sur la santé publique".

Premier utilisateur de pesticides en Europe

Un autre volet du rapport cité par Le Télégramme est celui des pesticides. La France, rappelle la Cour, est le premier utilisateur de pesticides en Europe (le troisième au niveau mondial). La juridiction considère que la population est "fortement exposée", à "un niveau d'imprégnation parmi les plus élevés" au regard des pays comparables.

La Cour des Comptes condamne "des taux de non-conformité toujours élevés" lors des contrôles sur les fruits et légumes. Et même si ces traces dépassent rarement les limites maximales de résidus (à partir desquelles l'impact sur la santé est avéré), la Cour regrette le manque d'analyses sur les effets sanitaires combinés de plusieurs pesticides.

Selon la Cour des Comptes, ces différents manquements à la réglementation pourraient être mieux combattus en durcissant la politique de répression. La juridiction s'interroge sur la pertinence de confier à une même institution, la direction générale de l'alimentation (DGAL), des missions conjointes de sécurité sanitaire et de développement économique.

Au nom du développement économique et des emplois en jeu, estime la Cour des Comptes, la DGAL a trop souvent tendance à privilégier la pédagogie ou les avertissements aux vraies sanctions.

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