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Prix du lait : les négociations difficiles d'un ménage à trois [B. Merlaud]

28 Février 2014
Prix du lait : les négociations difficiles d'un ménage à trois

La tension monte autour des prix du lait. Distributeurs et industriels se renvoient la balle sur la répercussion des hausses de cours tandis que les producteurs ont promis de s'inviter dans les box de négos.

La clôture des négociations annuelles entre fournisseurs et distributeurs fin février, ainsi que la tenue du salon de l'agriculture ont offert une caisse de résonance idéale pour lancer des annonces. Résumé.

Les producteurs

Lundi 24 février, la fédération nationale des producteurs laitiers (FNPL), excédée par le jeu de ping-pong entre industriels et enseignes, a prévenu qu'elle allait "s'inviter dans les négociations".

"Dans ce jeu de dupe, la FNPL veut voir clair et a décidé de s’inviter dans les box de négociations entre les entreprises laitières et les GMS pour cette dernière semaine de tractations, a affirmé le syndicat. Sans accès à ces lieux de décision, elle refusera d’entendre les arguments de chacune des parties !"

Les industriels

Le 19 février dernier, l'industrie laitière, représentée par la Fnil (fédération nationale des industries laitières), s'était dite prise en étau entre la hausse des cours du lait et le refus des enseignes d'accepter les augmentations de tarifs.

"Le prix du lait payé aux producteurs a atteint un niveau record en 2013, s'alarmait la fédération dans un communiqué. C’est une facture supplémentaire de 700 millions d’euros pour la transformation laitière. Les entreprises ne pourront pas supporter un deuxième choc de cette ampleur en 2014."

La guerre des prix menée par les enseignes en France pourrait avoir des conséquences désastreuses, à la fois pour l'industrie et pour la production laitière, prévenait la Fnil.

"La distribution doit démontrer, en adaptant son comportement à la réalité, qu’elle a bien perçu l’ampleur de l’enjeu", concluait la fédération industrielle.

Les distributeurs

Le 24 février, sur son blog , Michel-Edouard Leclerc a confirmé que les négociations étaient "dures avec les gros industriels car les hausses qu’ils exigent sont totalement déconnectées de la réalité économique. En revanche, […] cela se passe mieux avec les coopératives qui ont des exigences tarifaires élevées mais plus proches de la réalité".

Le président des centres Leclerc a annoncé que son enseigne "achetait à la hausse par rapport à 2013, tant pour le lait de vache que pour le lait de chèvre. […] Y compris par rapport aux prix issus de la médiation l’an dernier".

Et le 25 février, dans un communiqué, Intermarché s'est engagé pour sa part à "appliquer dès le 1er mars les tarifs des industriels intégrant une revalorisation du prix du lait payé aux producteurs sur la base de 365 euros les 1000 litres".

Le groupement d'indépendants a annoncé qu'il répercuterait les hausses dans ses prix publics et "en appelle à la responsabilité de tous les distributeurs pour suivre cette voie". Il a demandé en parallèle aux industriels des engagements sur la répercussion intégrale de la hausse dans les prix payés aux producteurs.