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Bien-être : le lapin fait un bond [F. C.-L.]

12 Juin 2019

L’amélioration du bien-être animal est l’une des tendances fortes à la boucherie-volaille. Les initiatives fusent. La filière lapin n’est pas en reste, sous l’impulsion du leader du marché, ALPM : Alliance Loeul & Piriot Multilap (Terrena), 25 % de part de marché avec 9 millions de lapins abattus/an.

Loeul & Piriot, Terrena (110 éleveurs, 5 millions de lapins/an) et CPLB, branche cunicole de la coopérative Cavac (180 éleveurs, 8,2 millions de têtes/an), ont annoncé la création de l’association Eleveurs et Bien, pour la commercialisation de lapins élevés en enclos. Une nouvelle marque sera lancée en janvier : Lapin & Bien.

Objectif : 2 millions de lapins

La démarche a été menée en collaboration avec l’association de protection animale CIWF, qui a visité le site pilote en Vendée. « Cet élevage de lapins au sol en enclos est une révolution pour la filière cunicole, en France comme en Europe. Aucun mode d’élevage au sol n’est allé aussi loin que celui-ci, à notre connaissance », indique Amélie Legrand, responsable des affaires agroalimentaires de CIWF France.

Pour l’heure, les débuts sont modestes, le temps de caler le modèle. « Nous avons deux élevages pilotes et quinze projets dans les tuyaux, dont dix devraient être finalisés d’ici à la fin de l’année, explique Mathieu Loeul, directeur commercial de Loeul & Piriot. Notre objectif est bien de proposer une offre Lapin & Bien de grande envergure, nous visons un quart de notre production d’ici à 2025, soit plus de 2 millions de lapins. »

Les points clés du cahier des charges

Le cahier des charges Eleveurs et Bien repose sur un mode d’élevage alternatif. Les animaux sont élevés par lots dans des enclos de dix mètres carrés (au sevrage à partir de 35 jours, soit à la moitié de leur vie). Sans grillage au-dessus de leur tête, ils peuvent se tenir debout, sauter sur des plate-formes juchées sur leurs refuges (ou « nuitées »), pour s’isoler, se reposer ou échapper aux comportements agressifs d’un congénère dominant.

Chacun des neuf enclos des élevages pilotes compte trois refuges de 75 lapins chacun. La densité est plus faible qu’en élevage conventionnel. L’espace minimum par lapin est de 800 cm² contre environ 475 cm² en standard. Les mangeoires circulaires, inspirées de celles utilisées pour les agneaux, sont faciles d’accès. Pas de paille au sol en revanche. Pour garantir un milieu sain, les lapins foulent un caillebotis en PVC recyclé. L’alimentation, sans OGM, est à base de luzerne et de céréales, avec des graines de lin Bleu-Blanc-Coeur. L’éclairage est soit naturel, soit avec des tubes à LED programmés pour reproduire le déroulement naturel d’une journée.

Photo : Eleveurs et Bien.