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Leclerc Gaillac [Benoît Merlaud, avec Yves Denjean]

15 Février 2007

On s’y croirait presque. Quand les allées du magasin grouillent de clients, l’hyper prend des allures de marché de village. Les arcades en pierre abritent les comptoirs du boucher, du crémier, du charcutier, etc., chaque métier étant signalé par une enseigne à l’ancienne sur le fronton de la boutique. Une grande horloge surplombe la halle aux fruits et légumes. L’amateur de vins peut, comme on trouverait un passage secret, se glisser entre les grilles d’une cave aménagée en alcôve.
On l’aura compris, le propriétaire du magasin fait dans le pittoresque. Hubert Mauillon, adhérent Leclerc à Gaillac (81), a visiblement pris plaisir à personnaliser ainsi son point de vente. Et les clients suivent. « C’est l’un des premiers critères de fréquentation, s’enthousiasme Joël Carol, le directeur. Les clients apprécient le confort d’achat, la beauté, le service. »
Habitants attachés à leur campagne ou « néo-ruraux » en quête de terroir (Toulouse est à quarante minutes de voiture) y trouvent leur compte. Le magasin évoque l’ambiance d’une bastide du gaillacois. Et si le distributeur n’a pas monté ses arcades en authentique pierre de taille, il n’a pas fait non plus dans le décor en carton-pâte. Les structures sont en bois, les bardages en planches de hêtre. Les murs du « village » sont recouverts de crépi, de briquettes ou de pierres de parement. C’est autre chose qu’une peinture en trompe-l’œil.
Pour cultiver une image de commerçant de proximité, l’indépendant met l’accent, bien entendu, sur les spécialités locales (vin en tête). Le boucher s’approvisionne auprès d’un éleveur de la région. Et des écrans diffusent des extraits de match du club de rugby de la ville… dont le président n’est autre que l’adhérent lui-même.
Du haut de ses 4 600 mètres carrés, le Leclerc de Gaillac affronte sereinement la concurrence locale. Le petit Intermarché et les trois hard discount de la ville lui laissent le champ libre, notamment, sur le non-alimentaire. Ce qui n’empêche pas l’hypermarché de consacrer encore 60 % de sa surface à l’alimentaire, avec des rayons frais LS légèrement surdimensionnés. « En prévision d’un futur agrandissement », explique Joël Carol. Histoire d’éviter, lors de travaux éventuels, des aménagements trop contraignants : « Pas de béton à casser, ni de tuyaux à faire passer. »