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Gand - Belgique

Bio-Planet ou le paradis des écologistes [Elodie Martel]

6 Septembre 2004

Un assortiment digne d’un petit supermarché, mais totalement respectueux de l’environnement. Tel est le défi qu’a relevé l’enseigne Bio-Planet, lancée par le groupe belge Colruyt en 2001. A Courtrai et à Gand, sur des surfaces de 1 000 m2, 7 500 références s’offrent ainsi au chaland, dont 4 000 alimentaires. Ces dernières comptent 160 codes signés Bio Time, la MDD bio du Belge et sont exclusivement issues de l’agriculture biologique, certification à l’appui. Seules exception à la règle : l’eau et le sel, pour lesquels il n’existe pas de label mais dont seuls les représentants 100 % naturels ont droit de cité chez Bio-Planet. Plus fort, le magasin dispose d’un rayon cosmétique à faire tourner la tête des écologistes les plus puristes. Dentifrices, crèmes de soin, parfums, savons, etc : tous sont certifiés 100 % naturels, sans utilisation d’huiles minérales ou pétrochimiques et non testés sur des animaux. Un peu plus loin, le client peut également trouver des lessives garantissant un impact minimum sur l’environnement, des articles de papeterie à base de papier recyclé, du textile, des livres de recettes bio, etc. Un « tout sous le même toit écolo » en somme ! « Faute de fournisseurs, nous avons cependant du mal à offrir un choix satisfaisant pour certaines catégories de produits comme les surgelés et les alcools », regrette Tony De Bock, le responsable du projet Bio-Planet.

Une atmosphère discount

Attenant au magasin, un coin restaurant propose des plats à consommer sur place ou à emporter. Détenteur du label Biogarantie, il s’approvisionne exclusivement en ingrédients certifiés et représente 7 % du chiffre d’affaires.
Partie intégrante du concept, le positionnement tarifaire fait également l’objet d’un soin particulier. Même si le prix de vente reste supérieur à celui des produits standards, contraintes de production obligent, il est possible d’alléger sa note en achetant en grande quantité (voir encadré). Et la concurrence est attentivement observée. L’atmosphère générale, très inspirée du dépouillement de Colruyt, renforce d’ailleurs l’impression de discount. Pas de décoration ostentatoire mais des étagères ultra-légères, des murs dénudés et des produits présentés dans leur emballage d’origine.
Poussant le bouchon écologiste un peu plus loin, Bio-Planet a opté pour des magasins eux-mêmes respectueux de l’environnement. Dans la mesure du possible, la préférence va à des bâtiments pré-existants puis restaurés. A Gand par exemple, c’est une ancienne usine qui a été transformée. Pour les aliments réfrigérés et surgelés, le matériel de stockage est choisi en fonction de sa faible consommation énergétique. Pour se servir en produits frais, le chaland doit entrer dans une chambre froide, plus économique qu’une gondole classique. Les surgelés sont, eux, conservés dans des surgélateurs-coffres.

Emballages compostables ou biodégradables

Avec une attention qui confine à l’obsession, chaque élément du magasin doit respecter la planète : vêtements de travail du personnel en coton 100 % biologique, utilisation d’emballages compostables en fécule de maïs à tous les rayons et biodégradables en caisse, consigne des bocaux et des bouteilles, la liste est longue.
Côté rentabilité, les magasins affichent des performances proches des standards Colruyt mais il reste à l’enseigne à atteindre une taille critique. Malgré le site internet sur lequel les amateurs peuvent commander (tout sauf les produits frais) avant de se faire livrer dans un des 160 Colruyt, l’entrepôt n’a pas encore atteint le seuil de rentabilité. Entièrement dédié à Bio-Planet, il lui manque, selon la direction, un ou deux points de vente supplémentaires. Début 2005, l’ouverture programmée d’un troisième magasin de 500 m2 à Dilbeek (périphérie ouest de Bruxelles) devrait donc apporter un peu d’air frais tandis que des négociations sont en cours à Anvers et à Louvain. Et si l’on en croit les progressions des surfaces existantes (+ 25 %), l’équilibre n’est plus très loin.