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Y'a quoi dans la nouvelle application U ? [B. Merlaud]

5 Septembre 2018
Y'a quoi dans la nouvelle application U ?

Système U lance sa propre application pour scanner la composition des produits alimentaires. Moins polémique que la populaire Yuka, elle cible aussi moins d'ingrédients controversés.

Il suffit de scanner le code barres d'un aliment pour avoir accès à sa composition et, surtout, au décryptage d'informations traditionnellement obscures pour le consommateur.

Y'a quoi dedans (l'appli lancée par U) et Yuka sont toutes deux alimentées par la base de données collaborative Open Food Facts. Cette plate-forme, bénévolement renseignée par des particuliers depuis 2012, recense près de 300.000 références (françaises ou étrangères), à marque nationale ou MDD.

L'application de Système U se veut très pédagogique. Elle pointe d'emblée une liste de 22 substances controversées (additifs, huile de palme, etc.) et pour chacune d'entre elles explique son rôle ainsi que la nature de la controverse, de façon objective. Des informations sont même fournies sur d'autres additifs non polémiques.

Les fiches produits sont accessibles en scannant un code-barres ou via un moteur de recherche. En premier niveau de lecture, avant même la liste d'ingrédients ou le tableau nutritionnel, la présence de substances controversées (ou non) est signalée. Le consommateur peut activer des filtres pour bannir des ingrédients particuliers ou renseigner des préférences alimentaires (sans gluten, sans arôme artificiel, etc.), qui vont allumer des feux rouges sur les fiches.

Sur les produits U, le distributeur en profite évidemment pour mettre en avant des engagements de l'enseigne, comme la fabrication française, l'absence de conservateurs, l'utilisation de blé français, etc.

Pas de déclinaison en drive

L'application de Système U se veut accessible en ne réclamant aucune identification ni création de compte client. En contrepartie, les préférences saisies ou les informations consultées ne peuvent pas se retrouver sur le site drive de l'enseigne. Les fiches produits, d'ailleurs, n'y sont pas non plus (pour l'instant ?) enrichies avec les données de l'appli. Il n'est donc pas possible, par exemple, de faire ses courses en ligne en supprimant des rayons les produits contenant de l'huile de palme.

Plus pédagogique (parce qu'elle donne des explications complètes sur les additifs), Y'a quoi dedans reste néanmoins une version édulcorée de Yuka. Cette application populaire, qui revendique la bagatelle de quatre millions d'utilisateurs recrutés en moins de deux ans, attribue des notes globales aux produits en évaluant leur composition mais aussi leur profil nutritionnel (ce dont s'abstient U).

Jugés OK pour U, mais nocifs chez Yuka

Yuka utilise également un vocabulaire plus offensif. Les additifs mis en cause ne sont plus simplement "controversés" mais "douteux" ou carrément "nocifs". Et leur liste, surtout, est bien plus longue que celle retenue par Système U.

Telle barre de céréales Grany, ainsi, sera jugée irréprochable par Y'a quoi dedans mais assortie d'un feu rouge chez Yuka, en raison de sucroesters d'acides gras aux effets présentés comme nocifs.

Idem pour ces bonbons Haribo, sans ingrédients controversés pour U mais à proscrire pour Yuka à cause de la présence de bleu patenté V. Ou encore ce sandwich Sodebo, blanc comme neige selon Y'a quoi dedans mais ne contenant pas moins de deux additifs nocifs pour Yuka (triphosphates et nitrite de sodium).

Des différences d'appréciation plutôt troublantes pour les consommateurs qui jongleront avec les deux applis. Et qui pourraient mettre à mal la crédibilité de l'enseigne sur cette démarche, dans laquelle elle reste à la fois juge et partie.

Selon Système U, ce sandwich Sodebo est blanc comme neige
Pour Yuka, trop d'additifs nocifs dans ce sandwich
Y'a quoi dedans (Système U) Yuka