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Serge Papin très alarmiste sur l'avenir de l'agroalimentaire [B. Merlaud]

8 Janvier 2014
Serge Papin très alarmiste sur l'avenir de l'agroalimentaire

Invité de Radio Classique ce 8 janvier, Serge Papin, le patron des U, a tenu des propos très alarmistes sur l'agroalimentaire français, faisant un parallèle avec le secteur des aciéries. Il appelle à une modification de la loi pour défendre les emplois français.

Ce n'est pas la première fois que le président de Système U met l'accent sur ce qu'il considère comme une distorsion de concurrence entre les grands groupes industriels et les PME.

"Les produits comme Nutella, Caprice des Dieux, Danone, etc. sont vendus sans marge par la grande distribution, a-t-il rappelé ce matin sur Radio Classique, puisque ce sont des produits référents dans tous les comparateurs de prix. Et donc où se refinancent les magasins ? C'est sur le dos, si j'ose dire, des PME qui n'ont pas les moyens de se défendre."

Serge Papin souhaiterait que la loi identifie deux catégories d'entreprises, avec des traitements différenciés lors des négociations commerciales. Ce qui permettrait, en clair, de renforcer la position des distributeurs dans leur rapport de force avec les grands fournisseurs, tout en relâchant collectivement la pression sur les PME.

"On devrait distinguer les entreprises qui travaillent sur le territoire national, qui sont dépendantes de la grande distribution, des grands groupes qui misent sur le marché mondial et peuvent faire des profits à l'international s'ils ne se développent pas en France."

"La destruction de valeur va mettre à mal, et ça a commencé, ce qui est quand même une pépite pour la France, notre appareil agroalimentaire, a poursuivi le patron des U. Il y a déjà eu des pertes d'emploi, des entreprises qui ferment, il y a un secteur agricole en difficulté."

"Nous avons des responsabilités nouvelles, a conclu Serge Papin. On ne peut pas participer à la destruction d'emplois. Si le processus en cours, cette spirale infernale, continue, on va payer ça beaucoup plus cher. Ce qui s'est passé dans des secteurs comme celui des aciéries risque de se passer dans l'agroalimentaire. Je suis conscient de ça, les magasins U sont conscients de ça."

La vidéo de l'entretien accordé à Radio Classique :

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