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Scanner et payer avec son smartphone, le rêve des… distributeurs [B. Merlaud]

15 Mars 2018
Scanner et payer avec son smartphone, le rêve des… distributeurs

Les enseignes multiplient les tests d'applications mobiles permettant de scanner et payer ses achats avec son téléphone, sans passer en caisse. Dernière initiative en date : Auchan en Italie. Séduits sur le papier, les clients suivent timidement.

Après une première expérimentation dans un magasin de proximité et dans un supermarché en Italie, Auchan annonce ce 15 mars le déploiement de sa solution AuchanSpeedy dans une cinquantaine de points de vente du pays d'ici la fin 2018, tous formats confondus.

Le client s'enregistre sur l'application, renseigne sa carte de fidélité et sa carte bancaire. Une fois identifié en magasin, il démarre son parcours de courses en scannant ses achats avec son téléphone.

Le paiement sur mobile est ensuite sécurisé via la saisie d'un code pin, la reconnaissance faciale ou la lecture d'empreinte digitale. Un reçu archivé dans l'appli permet de se justifier en cas de contrôle (aléatoire).

La solution AuchanSpeedy a été développée avec Mastercard mais est compatible avec tout type de carte bancaire.

Casino, Ahold-Delhaize, Amazon

En France, Casino multiplie déjà les tests d'applications similaires. Monoprix expérimente Monop'Easy, depuis l'été 2017, dans quelques magasins parisiens (développée par Snapp'). Petit Casino s'est doté fin 2017 d'une solution concurrente, baptisée Frigga, élaborée par Budgetbox. Trois points de vente la proposent aujourd'hui aux clients.

Aux Pays-Bas, Ahold-Delhaize a déjà annoncé en janvier le déploiement du système "tap to go" dans son enseigne de proximité Albert Heijn to go (76 magasins) d'ici juin. Cette technologie déclenche le paiement article par article, via l'apposition d'une carte spéciale ou d'un smartphone compatible sur les étiquettes NFC en rayon.

Aux États-Unis, le premier Amazon Go ouvert au public à Seattle début janvier (sur moins de 200 mètres carrés) brise le tabou du magasin sans aucune caisse. L'activation de l'appli est nécessaire pour entrer, une foule de capteurs et caméras se chargeant de surveiller les clients et tracer leurs achats, sans aucun scan à réaliser.

Auchan, en outre, mise aussi sur ses mini magasins Auchan Minute pour explorer le créneau de la proxi "sans couture". Lancé en Chine, ce concept de conteneur connecté est entièrement en libre-service, les clients utilisant leur smartphone pour entrer et pour payer. 182 ont été déployés en Chine en moins de 6 mois, couvrant 300 unités de besoin.

Sur le papier, le service rendu est à chaque fois génial. Quel client n'a jamais pesté contre les files d'attente en caisse ?

En pratique, ce type d'appli ne se révèle utile que pour les petits paniers. Scanner un code-barres avec son smartphone est plus lent que passer un emballage devant le lecteur optique "pro" d'une caisse. Accéder aux étiquettes NFC en rayon n'est pas non plus toujours aisé.

La reconnaissance des articles suppose ensuite, avec un mobile, l'accès à un bon réseau internet (rare au fond des magasins, ce qui implique de se connecter en sus à un wifi gratuit, quand il existe). Sans parler de la confiance qu'il faut accorder à l'appli pour y enregistrer des coordonnées bancaires.

Sur la plate-forme Android, Monop'Easy a été téléchargée depuis l'été dernier moins de 1000 fois. Une dizaine d'avis seulement ont été rédigés (tous positifs). Frigga totalise moins de 500 chargements sur Android et deux avis publiés.

À ce stade, la solution est d'abord pensée pour les achats snacking (ça tombe bien, les produits sont près de l'entrée, donc le réseau 4G passe encore) et le petit dépannage. Le service est surtout plébiscité par des early adopters férus de technologie. Il prendra de l'ampleur avec le temps, c'est le sens de l'histoire. Mais ce n'est pas demain que les distributeurs vont pouvoir fermer leurs lignes de caisses.