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Poules en cage : l'effet domino [B. Merlaud]

10 Janvier 2017
Poules en cage : l'effet domino

2016 a vu se succéder les engagements d'enseignes à se détourner des œufs de poules élevées en cage. En 2017, Intermarché et Leclerc se joignent au concert.

En France, le premier distributeur à s'être lancé est l'opérateur régional Schiever. Dès 2014, ce partenaire d'Auchan a purement et simplement banni de ses rayons tous les œufs de poules élevées en cage, quelle que soit la marque. En 2015, toujours en France, Colruyt lui a emboîté le pas avec le même parti pris.

C'est en 2016, ensuite, que le mouvement s'est accéléré.

En mars, Monoprix a cessé de vendre des œufs de poules en cage. À l'été, Aldi a pris l'engagement de les supprimer de ses rayons, mais d'ici 2025. En octobre, Lidl a formulé la même promesse, avec la même date. Ce "temps long" n'est pas une façon de renvoyer l'échéance aux calendes grecques : il doit permettre à la filière de se réorganiser pour répondre à la demande.

En octobre également, Système U a annoncé la disparition des œufs de poules en cage, d'ici 2020, dans son assortiment MDD.

En décembre, Carrefour a à son tour pris l'engagement de les retirer en totalité de ses rayons d'ici 2025 (avec une échéance intermédiaire à 2020 pour sa MDD).

Pour compléter le panorama, de grands groupes hôteliers et de restauration collective (Accor, Sodexo, Elior, etc.) ont aussi médiatisé leur intention de se détourner progressivement des élevages en cage.

En janvier 2017, ce sont donc Intermarché (avec Netto) et Leclerc qui préparent à leur tour l'arrêt de la commercialisation des œufs de poules en cage pour 2025 (2020 pour les MDD).

"Je me suis rendu compte que nos homologues européens l'avaient déjà fait", a reconnu Michel-Édouard Leclerc sur RMC ce 10 janvier.

À chaque fois, les distributeurs se montrent soucieux d'accompagner les éleveurs dans cette lourde transformation. En 2016, les ventes d'œufs "standard" (élevage en cage, donc) ont baissé de 9%, mais elles représentaient encore 40% du chiffre d'affaires du rayon.

Les producteurs, eux, s'étranglent devant ce revirement. En 2012, une directive sur le bien-être des poules pondeuses les avait poussés à investir massivement dans des cages plus "confortables". Le CNPO, comité national pour la promotion de l’œuf, doit rencontrer cette semaine le ministre de l'Agriculture pour évoquer le financement des nouvelles reconversions qui vont s'imposer.

Pour aller plus loin

A lire dans le numéro de février 2017 de Linéaires :

Pourquoi la filière œufs ne pourra pas tenir les promesses des enseignes

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