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Origine des ingrédients : un produit sur quatre pris en faute [B. Merlaud, avec F. Vacheret]

6 Juin 2017
Origine des ingrédients : un produit sur quatre pris en faute

La France impose de mentionner l'origine du lait et de la viande à partir d'un certain seuil dans la composition. Sur 500 produits de marques nationales étudiées par Linéaires, un produit sur quatre est hors la loi. Et une grosse moitié de l'échantillon, au contraire, s'engage sur l'origine France.

Depuis le 1er janvier 2017, tout produit contenant plus de 50% de lait ou 8% de viande dans sa composition doit mentionner l’origine de ces matières premières. Une disposition spécifique à la France, obtenue de haute lutte auprès de l’Union européenne en guise de test pour deux ans (et qui ne concerne, donc, que les produits fabriqués en France).

Dans les faits, les industriels avaient jusqu'au 31 mars pour se mettre en conformité avec la loi. Linéaires a attendu le mois de mai pour réaliser son enquête et passer au crible les packagings de 500 références de marques nationales, dans les rayons crémerie, charcuterie-traiteur, boucherie-volaille (élaborés), épicerie et surgelés.

Bilan : 23% des produits étudiés ne respectaient pas encore, le mois dernier, la nouvelle réglementation, en faisant l'impasse sur la mention des origines. Une proportion énorme.

La parution tardive du décret officiel, en août 2016, est avancée par les industriels pour justifier des stocks d'emballage encore à écouler. La réorganisation des approvisionnements prend également du temps. Les produits pris en faute sont essentiellement des articles de crémerie (origine du lait) et d'épicerie (origine de la viande).

Les appros en lait français sont souvent la norme en ultra-frais, mais le recours à des apports complémentaires impose de mentionner une "origine UE" sur ses packs. Frustrant pour certains industriels, qui préfèrent donc caler des approvisionnements 100% français avant de faire la bascule.

54% de l'échantillon, à l'inverse, affichaient déjà fièrement l'origine France du lait ou de la viande.

Tous les détails de l'étude, avec ses bons et ses mauvais élèves, sont publiés dans notre numéro de juin 2017 (à commander ici si vous n'êtes pas abonné).