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Les marges des industriels sous pression… des observateurs

  • Publié :
  • Modifié :
  • Auteur : B. Merlaud
yaourt
En livrant ses conclusions pour 2016, l'Observatoire des prix et des marges des produits alimentaires regrette que tous les secteurs industriels ne lui ouvrent pas leurs comptes. Comme la loi Sapin 2 le lui permet désormais, il va assigner en justice l'industrie laitière.

Philippe Chalmin, le président de l'institution, déplore la difficulté persistante à "recueillir des informations de prix et de comptes à tous les stades" .

La loi du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique a durci les sanctions à l'encontre des industriels alimentaires qui se refusent à publier leurs comptes. L'astreinte peut aller jusqu'à 2% du CA journalier HT réalisé en France, en cas d'injonction du tribunal de commerce non suivie.

Cette même loi donne au président de l’Observatoire des prix et des marges le pouvoir de saisir les tribunaux de commerce afin d’obtenir ces comptes. "Pour la première fois en 2017, cette possibilité sera utilisée vis-à-vis de l’industrie laitière" , annonce Philippe Chalmin. De fait, des courriers ont déjà été adressés aux tribunaux de commerce de Rennes et de Laval pour enjoindre Lactalis de publier ses résultats.

Tout en condamnant la dérégulation des marchés agricoles et l'instabilité qu'elle engendre, Philippe Chalmin s'étonne de "l’archaïsme de certains aspects des relations interprofessionnelles au sein d’une filière comme celle des produits laitiers" .

"La crise du lait a été – en termes de prix – identique dans tous les pays d’Europe, poursuit-il. C’est en France qu’elle a été vécue de la manière la plus dramatique."

Le consommateur seul "gagnant"

De manière plus globale, l'Observatoire souligne que, depuis des années, "le seul véritable "gagnant" est tout simplement le consommateur, qui a bénéficié d’une certaine stabilité de prix, du moins à structure de consommation inchangée."

Alors que les prix agricoles sont particulièrement instables d'un exercice à l'autre (+13% en 2011, -5% en 2014, par exemple), l'évolution des prix à la consommation reste dans une fourchette comprise entre -1% et +3%.

En 2016, les prix agricoles sont restés quasiment stables (+0,3%), tandis que les prix à la sortie des usines alimentaires continuaient de baisser (-1,5%). Les prix à la consommation, eux, ont enregistré une hausse modérée de +0,6%.

2016 2015 2014
Prix agricoles + 0,3 % - 2,4 % - 5 %
Prix sortie usines - 1,5 % - 1,9 % - 1,6 %
Prix en GMS + 0,6 % + 0,5 % - 0,7 %

Source : Observatoire des prix et des marges.

Les marges des rayons frais en GMS

La publication du rapport de l'Observatoire des prix et des marges donne aussi l'occasion de découvrir, avec une année de décalage, les marges consolidées des GMS sur les rayons frais. L'exercice 2015 est marqué par une nouvelle baisse de la marge commerciale (sur coûts d'achat), mais le bénéfice avant impôt, lui, est stabilisé.

Marge commerciale 2015 2014 2013
Boulangerie-pâtisserie 58,3 % 56,9 % 56,2 %
Charcuterie 32,8 % 33,4 % 33,2 %
Fruits et légumes 30,3 % 31,1 % 30,6 %
Volaille 28,1 % 27,3 % 27,8 %
Marée 25,4 % 26,1 % 27,3 %
Boucherie 24,6 % 25,6 % 24,9 %
Produits laitiers 22,4 % 23,0 % 24,6 %
Total rayons frais 29,0 % 29,4 % 29,7 %

Marge nette avant impôt 2015 2014 2013
Boulangerie-pâtisserie -0,3 % - 1,1 % - 2,2 %
Charcuterie 8,6 % 8,9 % 8,7 %
Fruits et légumes 2,8 % 2,3 % 2,1 %
Volaille 8,9 % 7,8 % 8,7 %
Marée - 8,0 % - 8,3 % - 6,8 %
Boucherie - 2,9 % - 2,1 % - 1,9 %
Produits laitiers 0,2 % 0,2 % 2,3 %
Total rayons frais 1,3 % 1,2 % 1,8 %

Source : Observatoire des prix et des marges ; en pourcentage du chiffre d'affaires.