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Les fournisseurs de bio mal accueillis en négos [B. Merlaud]

21 Janvier 2019
Les fournisseurs de bio mal accueillis en négos

L'observatoire des négociations commerciales du Synabio traduit en chiffres la pression mise sur les fournisseurs de bio par la grande distribution. Les industriels, qui s'attendaient à davantage de coopération, s'étranglent devant les baisses de tarifs demandées et les menaces de pénalités.

Le Synabio rassemble 200 entreprises du secteur bio, transformateurs et distributeurs spécialisés. L'organisation a lancé en décembre dernier son observatoire des négos pour évaluer, auprès des fournisseurs de produits alimentaires bio, la façon dont se passent les échanges avec la grande distribution.

Les premiers résultats communiqués sont loin d'être positifs. 28% des entreprises, d'abord, se voient réclamer une baisse de tarif avant même le début de toute discussion. Et après les premiers rounds de négociation, les demandes de baisse concernent 40% des fournisseurs de bio.

"Ces exigences sont d’autant moins tenables que près de 70% des entreprises nous alertent sur une hausse du prix des matières premières qui se répercute sur leur tarif", s'alarme le Synabio.

Plus d'un industriel sur deux, également, trouve "excessives et inadaptées" les pénalités appliquées en cas de rupture ou de retard d'approvisionnement.

"En imposant aux fabricants un taux de service de 100%, le plus souvent assorti de lourdes pénalités, les distributeurs font porter tout le risque du développement de l’offre bio sur les fabricants et les agriculteurs bio", déplore encore le syndicat.

Le Synabio appelle les distributeurs à revoir leur approche du marché bio, au moment où ils affichent de fortes ambitions de croissance sur ce créneau. En commençant par privilégier "une logique de co-construction", plutôt que de reproduire les mécanismes de pression destructeurs de valeur qui ont cours sur le marché de l'agriculture conventionnelle.

Les industriels du secteur bio espéraient un traitement différencié de la part des enseignes de la grande distribution. Il ne l'est visiblement pas assez au goût de ceux qui ont répondu à l'enquête du Synabio. Le jeu des postures, en tout cas (celle qui consiste à réclamer d'emblée des baisses comme celle qui revient à prendre l'opinion publique à témoin de pressions excessives), est lui exactement le même que dans le monde de l'agriculture conventionnelle.