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Le marché bio Leclerc, le concept officialisé [A. Beautru]

24 Octobre 2018

Mardi 23 octobre, Leclerc inaugurait à Saintes (17) son premier point de vente spécialiste bio sous enseigne officielle : Le marché bio E.Leclerc.

Après une quinzaine de pilotes nés d’initiatives individuelles ces 12 derniers mois (Hautconcourt, Dijon, Amiens, Nancy, Chambly, Nice, etc.) et sous divers noms, Leclerc tient son concept pour concurrencer Biocoop, avec une offre différente de celle en GMS. L’enseigne a révélé le modèle que devraient adopter les 40 points de vente spécialistes du bio à créer dans les mois à venir. D’ici 2023, le distributeur vise même 200 unités. « Le marché bio Leclerc constitue un nouveau levier de notre enseigne pour encourager la croissance du bio, explique Michel-Edouard Leclerc. Nos points de vente multicanaux et notre MDD, Bio Village, la seconde marque préférée des Français derrière Bjorg, seront appuyés par notre enseigne spécialisée. Le bio représente 4% de nos ventes alimentaires aujourd’hui. Nous espérons atteindre les 8% en 2022. » En hypermarché, une trentaine de magasins proposent déjà des corners bio. Ils seront plus d’une centaine en 2019.

Le bois omniprésent

A Saintes (17), à moins de 100 m du Leclerc Abbaye, l’ancien cabinet de radiologie a été rasé pour y bâtir un magasin de 400 m². Conforme donc à l’annonce de surfaces comprises entre 300 et 700 m² pour ce concept. La coque reprend les codes de l’hyper voisin, avec façade en parements de pierres blanches. Une touche de bois en plus. A l’intérieur, ce n’est plus seulement une touche, mais une vraie omniprésence du bois, constituant l’ensemble du mobilier (fournisseur Mobil Wood).

Pas de référencement national

L’entrée se fait naturellement par les fruits et légumes, en vrac. Le magasin, carré, gravite autour d’une petite zone trad où fromage charcuterie et viande sont vendus préemballé. Seule la boulangerie patisserie est en vente servie. Les futurs points de vente les plus grands devraient proposer davantage de stands. L’offre, au global, est composée de 5000 codes, tous en direct fournisseur. La nouvelle enseigne spécialisée n’a pas encore finalisé ses référencements nationaux. « Il nous reste encore 1000 à 2000 autres codes à aller chercher pour optimiser l’offre », estime Lawrence Brun, l’adhérent du Leclerc Saintes Abbaye. L’accent est mis sur le local, et l’origine France privilégiée.

A de très rares exceptions, les marques sont celles des réseaux de spécialistes. Evernat et Bonneterre dominent l’offre d’épicerie libre-service. En frais, c’est Sojade, Soy ou encore Carte Nature. Juste Bio et La panacé des plantes (marque Fructivia) alimentent près de 200 codes en vrac. Jean Bouteille est, lui, le fournisseur retenu du vrac liquide sur les boissons, huiles et lessives.

Si l’assortiment ne révèle pas encore ce que sera le catalogue de la centrale d’achat, l’absence des grandes marques nationales et de la MDD semble actée. « Nous voulons permettre aux petits producteurs d’émerger par rapport aux grandes multinationales qui font aussi du bio », explique Michel-Edouard Leclerc. Lors de l’inauguration, le dirigeant n’a pas cessé de rassurer l’auditoire sur ses bonnes intentions. Mais il a quand même parlé prix. « Nous voulons respecter les codes et la valeur du bio, confie-t-il. Mais ce n’est pas parce que les prix à l’achat sont 30% supérieurs qu’il faut appliquer une marge de 60%. »