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Lars Olofsson, Georges Plassat : leurs conditions de départ et d’arrivée [Florent Vacheret]

9 Février 2012

Les conditions de départ de Lars Olofsson ont été discrètement officialisées. Linéaires les livre en avant-première.

Etant officiellement démissionnaire, Lars Olofsson ne percevra aucune indemnité de départ. Mais le Suédois ne quittera pas Carrefour les mains vides. Alors que son contrat ne comportait pas de clause de non-concurrence, il touchera finalement 1,5 million d’euros à ce titre, en contrepartie d’une interdiction d’un an d’exercer ses talents chez des confrères. Reste à savoir si ce risque était bien réel…

Le conseil d’administration a aussi fait un cadeau très appréciable à son ex-président : il sera dispensé de la condition de présence stipulée dans les plans de stock-options et de performance. La mesure n’est pas neutre, car Lars Olofsson bénéficie potentiellement de 280 000 options d’achat et 115 000 actions de performance au titre des années 2009 et 2010. Il aurait dû rester quatre ans après attribution pour en profiter dans leur totalité.

Restait, encore, évidemment à ce que les conditions de performances soient par ailleurs remplies. Surtout, les prix d’exercice des options se situant autour de 34 € (Carrefour cote 18,10 € ce jour), Lars Olofsson ne touchera le « jackpot » que si son successeur parvient à redresser l’entreprise…

Dans le pire des cas, il pourra toujours se consoler avec les 100 000 actions (valeur 3,3 M€ au jour de l’attribution), son cadeau de bienvenue, qu’il a définitivement acquises en janvier 2011, après deux années de présence révolues.

N’oublions pas, en outre, que le « hasard » a bien fait les choses s’agissant du plan de retraite du dirigeant de Carrefour, déchu tout juste deux semaines après la date anniversaire de ses trois ans chez Carrefour (13 janvier 2012), durée minimale lui permettant de bénéficier de sa retraite-chapeau, financée par l’entreprise (voir encadré).

Georges Plassat, quant à lui, percevra une rémunération fixe d’1,5 million d’euros brut par an (150 000 € de plus que Lars Olofsson), assortie d’un variable « basé sur l’atteinte d’objectifs de 100 % qui pourra atteindre 150 % de la rémunération fixe si les objectifs de performance sont atteints ».

Par ailleurs, Georges Plassat recevra, courant 2012, une option d’achat rondelette de 400 000 actions. Comme Lars Olofsson, Georges Plassat bénéficiera du régime de retraite-chapeau mis en place par le groupe. Mais contrairement à lui, le futur ex-patron de Vivarte ne touchera pas d’indemnité de logement (100 000 € annuels pour le dirigeant suédois).

Retraite-chapeau : combien va toucher Lars Olofsson ?

Depuis l’arrivée de Lars Olofsson, Carrefour a remis en place un régime de retraite complémentaire pour son top management (les membres du Comex et cadres clés dont les revenus dépassent 582 000 €, soit 16 fois le plafond de la sécu).

Pour pouvoir en bénéficier, Lars Olofsson devait obtenir trois ans de présence effective dans l’entreprise, durée qui fut atteinte le 13 janvier dernier, deux semaines avant l’annonce de son départ…

Alors, combien Lars Olofsson va-t-il toucher ? Difficile d’être affirmatif à ce stade.

Jugez par vous-même. Selon les règles présentées dans la documentation officielle de Carrefour, en 2009 et 2010, les données de l’équation sont les suivantes (accrochez-vous !) :

1. Lars Olofsson a acquis 15 ans d’ancienneté chez Carrefour (3 effectives et 12 offertes en vertu d’un mode de calcul faisant que sont comptées les années au-delà de l’âge de 45 ans au jour d’arrivée dans l’entreprise) ;

2. La reconnaissance maximale de l’ancienneté est fixée à 20 ans ;

3. La rente de retraite est calculée sur la moyenne des trois dernières rémunérations, moyenne plafonnée à 2,1 M€ par an ;

4. le « taux de remplacement » (pourcentage du salaire) maximum est de 50 % de cette rémunération moyenne.

Si on part de l’hypothèse que Lars Olofsson atteint le plafond des rémunérations (2,1 M€) et que la progressivité de la rente en fonction de l’ancienneté est linéaire (15 années d’ancienneté sur 20), sa retraite théorique serait donc l’ordre de 780 000 € par an ! Pas mal pour trois années seulement passées chez Carrefour !

Mais, étrangement, un alinéa est apparu dans la dernière documentation officielle disponible en 2011. Il indique que la rente ne peut excéder 25 % des rémunérations (ce qui, au passage, est très contradictoire avec le taux de remplacement maximal de 50 % !).

Alors ? Le montant de 500 000 € annuels a été avancé à plusieurs reprises dans la presse ces dernières semaines, sans argumentation aucune quant à la règle de calcul. Interrogé, Carrefour se refuse à commenter ce chiffre, arguant notamment que la rémunération 2011 de Lars Olofsson (qui entre en compte dans l’équation), n’est pas encore connue. Mais en laissant clairement entendre, malgré tout, que ce montant serait largement surévalué.