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La rentabilité des indépendants a légèrement progressé en un an [P.B.]

6 Novembre 2012

Pour la sixième année consécutive, Linéaires vous livre en exclusivité le palmarès de la rentabilité des indépendants et des franchisés, en partenariat avec Coface Services. Au global, le résultat net moyen a peu évolué entre 2010 et 2011 : 1,11 % contre 1,02 %. Dans le détail, les nuances sont plus marquées. Carrefour Market et Super U affichent la meilleure progression, Leclerc reste le champion de la rentabilité tandis que Leader Price est toujours dans le rouge.

Les curseurs ont peu bougé entre 2010 et 2011. Sur la base de plus de 1 900 bilans disséqués par Linéaires en partenariat avec Coface Services, la rentabilité des indépendants et franchisés est restée quasi-stable en un an : 1,11 % en 2011 contre 1,02 % en 2010, soit une progression inférieure à 0,1 pt.

L’évolution est similaire s’agissant du résultat d’exploitation, un outil d’analyse plus proche de l’activité réelle d’un magasin et moins susceptible d’être enjolivé ou déprécié par des tours de passe-passe comptables. Entre 2011 et 2010, la progression est de + 0,06 pt, pour un REX moyen de 1,52 %.

Les années de vaches grasses sous l’ère Galland sont un lointain souvenir, mais les indépendants ont tout de même retrouvé un peu d’air après la sombre période 2005-2009, où le niveau de rentabilité nette était passé sous le seuil de 1 %. L’illustration d’une concurrence acharnée sur les prix directement liée à l’évolution des textes législatifs, avec comme point d’orgue la LME en 2008.

Si la bataille concurrentielle n’a pas faibli depuis, notamment en hyper et super, le serrage des boulons pour limiter la hausse des coûts et la bonne dynamique commerciale ont globalement été bénéfiques. « Nous avons fourni un gros effort de compétitivité au niveau des centrales, tandis que les magasins ont retroussé leurs manches pour limiter les taux de casse, faire des économies d’énergie ou réduire les frais généraux », confirme Serge Papin, président de Système U.

Mais derrière la relative stabilité de la rentabilité se cache des disparités marqués entre enseignes. Ainsi, exception faite de Shopi, toutes les enseignes de hard-discount et proximité ont vu leur rentabilité légèrement fléchir en 2011 (hors Netto et Franprix dont l’échantillon étudié est trop faible pour tirer des conclusions).

A l’inverse, le résultat net est en hausse pour la majorité des hypers et supers indépendants, Simply Market exceptés (- 0,28 pt). La meilleure progression est à mettre au crédit de Carrefour Market (+ 0,41 pt en un an), mais l’enseigne affiche toujours la rentabilité la plus faible du circuit hyper/super (0,98 %).

Comme les années précédentes, Leclerc occupe la première place du palmarès des indépendants, avec une rentabilité de 1,87 % (+ 0,16 pt). Un score qui permet au Leclerc moyen d’afficher une marge moyenne de 1 M€ après impôt !

A cet égard, les adhérents du Mouvement Leclerc évoluent dans un autre monde. L’écart abyssal avec le numéro deux (336 000 €), les Nouveaux Commerçants, s’explique évidemment par un chiffre d’affaires moyen plus de deux fois supérieur.

Ce raisonnement vaut également pour U et Intermarché. Si les deux enseignes se tiennent dans un mouchoir s’agissant de la rentabilité (respectivement 1,55 % et 1,52 %), les U peuvent se prévaloir d’une « masse de marge » nettement supérieure : 336 000 € net contre 229 500 € net pour les Mousquetaires. Un atout de poids pour attirer de nouvelles recrues.

Système U peut faire valoir ce même argument sur le circuit proximité, où ses performances sont aussi séduisantes. Avec un résultat net de 1,86 %, les Marché U/U Express mettent K.O. la concurrence. Pour preuve, les trois enseignes du groupe Carrefour (Contact, City et Shopi) plafonnent entre 0,48 % et 0,70 %.

Comme en 2010, Leader Price coiffe le bonnet d’âne. Bon dernier du palmarès, le hard discounter voit rouge en 2011. Sur la base des comptes déposés (49 % du parc des franchisés), l’enseigne affichait un déficit net de 1,70 % l’an dernier. Et la situation s’est même aggravée par rapport à 2010 : - 0,30 pt.

Méthodologie

Sur la base de données fournies par Coface Services regroupant les comptes officiellement déposés auprès des greffes de tribunaux, Linéaires a analysé 5 900 bilans d’entreprise de distribution, indépendantes ou franchisées. Les groupes affiliés (Schiever, etc.) sont exclus du champ de l’étude. Les moyennes de rentabilité communiquées par enseigne correspondent à la moyenne des résultats de chaque magasin, exprimés en pourcentage du CA HT (avec carburant). Par définition, seules les entreprises publiant leurs comptes sont prises en considération. Les exercices de plus ou moins 12 mois sont écartés. Au total, 1 933 bilans 2011 et 3 941 bilans 2010 ont été disséqués.

Pour aller plus loin

A lire dans le numéro de novembre de LINEAIRES

- Les résultats nets 2011 de toutes les enseignes en euros.
- La proportion de magasins déficitaires par enseigne.
- Zoom sur la période 2007-2011, pour Leclerc, Super U, Intermarché, Leader Price et Carrefour Market.
- L'interview de Serge Papin, président de Système U.