LINEAIRES / LA DISTRIBUTION / Les actus / La mort de Promolibre ?

.

La mort de Promolibre ? [Benoît Merlaud]

5 Novembre 2010

Dans le dernier tract de Carrefour, Promolibre se transforme en 20 % de réduction sur quelques marques. Ça ressemble à un enterrement de première classe…

Promolibre de novembre

Dans le dernier tract de Carrefour (daté du 4 novembre), l’opération Promolibre se résume à… 20 % de réduction en bon d’achat sur 16 marques nationales. Et pas forcément les références les plus incontournables : Chavroux, Vrai, Tendre Noix d’Herta, Saint James, San Marco, etc.

Bref, on est bien loin de la mécanique innovante, lancée avec fracas en février dernier. Ce qui faisait l’intérêt de Promolibre, pour le client, était de pouvoir sélectionner, dans une famille donnée de produits alimentaires, les références de son choix pour s’en faire rembourser une sur trois en bon d’achat.

Dans le même temps, sur un rayon non alimentaire donné, une réduction de 20 % était promise sur le produit de son choix, toujours en bon d’achat. Les deux mécaniques, alimentaire et non-al, étaient simultanées et renouvelées toutes les semaines. L'engagement était public .

Au fil des mois, déjà, Carrefour s’est autorisé plus de souplesse dans la mise en place de Promolibre. Une seule offre au lieu de deux, la règle des - 20 % qui se retrouve appliquée en alimentaire (les vins, par exemple), etc.

Mais cette semaine, on n’assiste plus à une petite déviance. Plutôt à un enterrement de première classe. Evidemment, la constitution d’une liste de marques pré-établie rend la négociation plus facile avec les fournisseurs pour planifier les promos. Mais c’était justement la force de Promolibre que de s’affranchir de cette contrainte.

Les "réductions libres" de 2004

Carrefour a sans doute estimé que l’impact auprès des clients n’était pas à la hauteur de la complexité de l’opération. Que la contrainte était réelle pour n’offrir, souvent, que 2 ou 3 € de bon d’achat par chariot. Sans parler de la difficulté à faire cohabiter Promolibre avec les promotions classiques du rayon, dûment négociées et planifiées avec les fournisseurs.

Ce retour en arrière (piteux parce qu’il ne dit pas son nom, continuant de s’appeler Promolibre) est d’autant plus décevant que tous ces handicaps étaient facilement prévisibles. Carrefour avait d’ailleurs déjà mis en place, en 2004, une mécanique de promotions choisies, baptisée « réductions libres ». Qui n’avait, là non plus, même pas duré un an.