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Franprix prend un virage "French café" [B. Merlaud]

7 Décembre 2018
Franprix prend un virage

Le dernier Franprix, ouvert le 6 décembre en face de l’Opéra Garnier, permet à l’enseigne de franchir un palier inédit dans sa conquête du marché de la restauration. Avec son vrai bistrot et ses plats chauds, le distributeur délaisse de plus en plus le simple métier d’épicier.

L’adresse, rue Scribe, est idéale pour accueillir les touristes, les employés de bureau et les (rares) habitants du quartier. Avec aussi peu de cible résidentielle, les circonstances étaient idéales pour pousser loin les curseurs. Mais Franprix Opéra n’est pas non plus un flagship sans lendemain, il préfigure ce que l’enseigne sera capable de proposer par la suite dans d’autres magasins de flux.

C’est Moez Zouari, le bouillonnant partenaire du groupe Casino (500 magasins franchisés), qui joue ici les patrons de café. Cet emplacement en or est sa trouvaille : Franprix Opéra est une création. Tout comme c’était lui, déjà, qui avait ouvert en octobre "Le 4" sous les couleurs de Casino à deux pas des Champs-Élysées.

Deux créations détonantes, à quelques mois d’intervalle, qui jouent avec les codes de la grande distribution. La profession ne jure que par le retour du trad ? Moez Zouari, dans les quartiers courus de la capitale, préfère le zinc au billot de boucher. Au "4", on se fait servir des croque-monsieur au comptoir. A Franprix Opéra, on vient poser les coudes pour déguster une pression ou commander un plat chaud.

Le bar, avec son comptoir en marbre, est installé dès l’entrée du nouveau Franprix. Inratable quand on passe devant la vitrine. Au total, la vocation "zone de vie" occupe quasiment la moitié des 300 mètres carrés du magasin. Les tables pour s’asseoir et manger sont partout : à l’entrée entre le bar et l’espace snacking, autour d’un (vrai) arbre dans la partie dévolue aux "tableaux" de l’enseigne (rôtisserie, soupes, plats chauds, jus d’orange, etc.) et encore, plus loin, devant le stand à hot dogs de "Monsieur Saucisse".

Dans la partie PGC, en fin de parcours, sont resserrées (un peu trop) pas loin de 6000 références. Le distributeur n’a pas osé faire d’impasse : malgré ses zones de vie surdimensionnées, le point de vente accueille presque tout l’assortiment d’un Franprix standard de même taille (7000 codes).

"Notre métier ce n’est plus l’épicerie, c’est de la restauration sous une nouvelle forme."

Le bar tel qu’il est installé à Opéra est une initiative de Moez Zouari. Mais la vocation nouvelle de l’enseigne Franprix, vers davantage de restauration, est une stratégie du groupe. Et pas seulement parce que la livraison à domicile et les drives piéton vont venir bousculer la proximité urbaine sur le marché des PGC.

"Il y a un créneau à prendre entre le fast-food, qui mise sur le prix, et le restaurant, qui mise sur la qualité, observe Jean-Paul Mochet, le directeur général des enseignes de proximité du groupe Casino. J’estime que nous pouvons proposer les deux en même temps à nos clients."

"Et je ne veux pas me contenter des flux du midi, poursuit le dirigeant. Je veux nourrir les gens le soir, qu’ils repartent chez eux avec un plat chaud, les accueillir aussi le matin, et à 11 heures, et encore à 16 heures. Notre métier ce n’est plus l’épicerie, c’est de la restauration sous une nouvelle forme."