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Des performances encourageantes pour Casino [B. Merlaud]

14 Janvier 2016

Retour sur les semestriels de Carrefour et Casino

Casino publie un chiffre d'affaires en recul de 11% sur le quatrième trimestre, toujours en raison d'effets de change défavorables. En France, les ventes à magasins comparables sont en croissance, tirées par Géant et Leader Price.

"La France poursuit son retournement, commente Antoine Giscard d’Estaing, le directeur financier du groupe. Ce qui se traduira par un redressement significatif de notre profitabilité dans le pays, et cette tendance se confirmera en 2016."

À magasins comparables, les ventes de Géant Casino sont de nouveau bien orientées : + 3,0%, après un troisième trimestre à + 3,9%. L'alimentaire se redresse, le non-alimentaire est encore "légèrement négatif" (dans des proportions moindres qu'auparavant).

Les dirigeants du groupe se réjouissent avec raison des résultats enfin concrétisés de leur stratégie de repositionnement tarifaire. Mais le tempo de la reconquête est encore lent, vu l'ampleur de la tâche.

Entre 2011 et 2015, les ventes des hypermarchés Géant ont en effet fondu de 21%. En y ajoutant celles des supermarchés (- 11%), c'est 1,6 milliard d'euros que Casino a laissé échapper en quatre ans !

CA 2011 2012 2013 2014 2015
Géant Casino 5 622 M€ 5 246 M€ 4 891 M€ 4 740 M€ 4 424 M€
Supermarchés Casino 3 619 M€ 3 686 M€ 3 462 M€ 3 326 M€ 3 213 M€
Source : publications Casino

Cela dit, le groupe capitalise davantage, aujourd'hui, sur ses nouvelles pépites. Les "business units" Monoprix (4,1 milliards d'euros en 2015) et Franprix-Leader Price (4,2 milliards) font désormais quasiment jeu égal avec les hypers en France et dégagent des marges autrement plus confortables.

Leader Price affiche 3,0% de croissance en comparable au quatrième trimestre, et même + 4,7% en tenant compte de l'effet parc. Le trafic clients progresse encore (+ 6,7%).

Les ventes de Franprix reculent de 3,7% (cessions de magasins), mais sont stables en comparable. Les points de vente convertis au nouveau concept Mandarine (un tiers du parc à date) enregistrent de bons résultats.

Les performances de Monoprix, victime de l'impact des attentats sur le moral des Parisiens et d'une météo peu favorable au textile, sont stables en comparable sur la période (+ 2,2% au trimestre précédent). Le développement du réseau assure toutefois 3% de croissance globale à l'enseigne.

La proximité, enfin, se porte bien : + 7,1% de chiffre d'affaires (+ 6,1% en comparable). Les conversions de Petit Casino en Leader Price Express continuent de tirer les ventes.

T4 2015 CA Evol. Croissance
comparable
Total France retail 4 942 M€ + 1,5 % + 1,4 %
Géant Casino 1 187 M€ + 0,5 % + 3,0 %
Monoprix 1 127 M€ + 3,0 % + 0,1 %
Supermarchés Casino 797 M€ - 1,4 % + 0,0 %
Leader Price 673 M€ + 4,7 % + 3,0 %
Franprix 423 M€ - 3,7 % + 0,1 %
Proximité 335 M€ + 7,1 % + 6,1 %
Source : Casino ; quatrième trimestre 2015, évolutions vs T4 2014.

En Amérique latine, la dégradation des taux de change masque les progrès réalisés par les enseignes alimentaires du groupe : + 5,7% en organique, + 1,3% à magasins comparables.

Au Brésil, Assaí ( magasins entrepôts ouverts au public ) poursuit son expansion et représente désormais près du tiers des ventes alimentaires de Casino dans le pays, contre un quart en début d'année.

Les enseignes non-alimentaires, elles, sont toujours dans le dur : - 36% avec les effets de change, - 15% en comparable. Casino évoque "un retrait plus modéré grâce aux plans d'action", estimant qu'un point bas sera bientôt atteint.

T4 2015 CA Evol. Croissance
comparable
Total groupe 11 793 M€ - 11,2 % - 2,7 %
France retail 4 942 M€ + 1,5 % + 1,4 %
Amérique latine retail 3 705 M€ - 14,6 % + 1,3 %
Amérique latine electronics 1 286 M€ - 36,1 % - 15,2 %
Asie 984 M€ + 3,0 % - 5,3 %
E-commerce 876 M€ - 20,3 % - 8,1 %
Source : Casino ; quatrième trimestre 2015, évolutions vs T4 2014.

Un distributeur toujours vulnérable en Bourse

L'action Casino a encore chuté de 5% après la publication de son chiffre d'affaires trimestriel. À la mi-journée du 14 janvier, le titre cotait 38 euros (un niveau jamais atteint sur les dix dernières années, même au plus fort de la crise de 2008).

Il faut dire que le titre fait l'objet de multiples spéculations, perturbant une évolution "normale" du cours.

En décembre, le fonds américain Muddy Waters avait parié sur la chute de l'action Casino en prenant des positions courtes spéculatives à hauteur de 0,92% du capital du distributeur. Puis il a publié une note assassine sur le Français, critiquant la complexité des montages financiers qui masquerait, selon lui, les vraies performances de Casino.

L'attaque a provoqué un vent de panique sur le titre, qui a perdu 20% de sa valeur en quelques heures. Muddy Waters a depuis empoché une jolie plus-value en soldant les deux tiers de ses positions (le distributeur a saisi l'Autorité des Marchés Financiers).

Dans la foulée, d'autres fonds ont eux aussi joué la baisse sur Casino (Marshall, AQR Capital, Blackrock, Darsana, etc.). Au total, à la veille de la publication des trimestriels du groupe, les positions courtes spéculant sur la baisse représentaient plus de 6% du capital !

Mise à jour

En fin de journée le 14 janvier, le titre Casino a cédé plus de 6%, tombant à 38,2 euros.

Le matin même, lorsque Casino s'est exprimé sur son chiffre d'affaires trimestriel devant la presse puis devant les analystes financiers, il n'avait de cesse de se féliciter de ses résultats. Sans qu'aucun autre sujet ne soit évoqué.

Pourtant, juste avant la clôture de la Bourse (et à l'issue d'une journée plus que décevante, donc), Casino a dégainé une information qu'il avait gardée dans sa manche. Dans son plan de cession d'actifs, annoncé le 15 décembre dernier et devant soutenir son désendettement, la mise en vente du Vietnam a visiblement suscité d'autres appétits, concernant cette fois la Thaïlande.

Alors que le Vietnam représente un actif mineur du groupe (600 millions d'euros de chiffre d'affaires), la Thaïlande est un tout autre morceau (2,9 milliards d'euros). Pourtant, à la surprise générale, Casino a bien annoncé, en fin de journée, son intention de se séparer aussi de ce pays, et donc de sortir complément de l'Asie !

Dans un communiqué laconique, Casino dit avoir reçu "des expressions d’intérêt pour sa filiale Big C cotée en Thaïlande", qui l'ont amené à "entreprendre des démarches en vue de la cession de cet actif", "dans le meilleur intérêt de la société et de ses actionnaires".