La banane guadeloupéenne absente des rayons jusqu’à début juin [Jacques Bertin]
Une nouvelle catastrophe naturelle vient de s’abattre sur les plantations guadeloupéennes, deux ans et demi après le passage du cyclone Dean. Depuis le 11 février et l’éruption de la Soufrière de Montserrat, l’ensemble de l’île est recouvert de cendres volcaniques qui, par frottements, abîment les bananes. Les producteurs locaux ont annoncé, début mars, la suspension de toutes leurs exportations jusqu’à la mi-mai.
Le marché hexagonal devra donc faire sans bananes guadeloupéennes jusqu’au début du mois de juin. Soit un déficit d’environ 20 000 tonnes. Si leurs qualités nutritive et gustative ne sont, à ce jour, pas altérées, selon les autorités sanitaires, les bananes touchées ne correspondent plus, en effet, « aux exigences du marché », comme le reconnaît Philippe Ruelle, directeur de l’UGPBAN (Union des groupements de producteurs de bananes de Guadeloupe et Martinique). « Nous travaillons actuellement avec les acteurs des filières d’élevage pour trouver la meilleure utilisation possible de ces fruits », précise le dirigeant.
Les planteurs attendent maintenant les conclusions du rapport de la mission d’enquête initiée par la préfecture de Guadeloupe sur la reconnaissance de calamité agricole. Tout comme les producteurs de melons, eux aussi sévèrement touchés.
Les bananes françaises ne seront pas, pour autant, absentes des rayons durant cette période. La Martinique n’a pas souffert des effets de l’éruption volcanique et continuera d’alimenter le marché français.
Une autre actualité, plus souriante, est à signaler du côté de l’UGPBAN. L’organisation vient de reprendre la gestion de la mûrisserie Muri Tours (Indre-et-Loire), dont la capacité est de 7 000 tonnes par an. Ce nouvel investissement permettra aux producteurs antillais de mieux distribuer leurs bananes dans la grande région Centre. Depuis décembre 2008 et le rachat du réseau Fruidor, l’UGPBAN était déjà à la tête de huit mûrisseries en France, à Bordeaux, Cavaillon, Lille, Lyon, Metz, Rungis et Nantes (2 unités)
