Enquête : chefs de rayon, qui êtes-vous ? [B.M-D.]
Après quoi courent-ils ? Certains rêvent de reprendre la main sur les achats, la fixation des prix, quand d’autres s’affichent en aficionados du management. C’est bon signe : la plupart se disent suffisamment bien dans leurs baskets pour ne travailler que dans leur enseigne… et la majorité veut poursuivre une carrière dans la grande distribution.
Pour aller plus loin
| A lire dans le numéro de septembre de Linéaires:
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L’enquête de Linéaires permet de confirmer un cliché : oui, les managers sont bien sous pression. Mais ils s’en accommodent et restent motivés. Certains demandent même plus de responsabilités. Globalement, ils restent très attachés à leur enseigne. Bien qu’en perte de vitesse, Auchan et Carrefour restent les plus attractives.
La pression ne fait aucun doute et se reflète dans les horaires hebdomadaires. Depuis l’enquête 2007, les chefs de rayon travaillant plus de 60 h par semaine ont plus que doublé (13 %). Entre-temps, la durée moyenne de travail hebdomadaire a franchi la barre des 50 h.
Une explication ? La fonction chef de rayon comprend de plus en plus de responsabilités. C’est ce que ressent la majorité d’entre eux (56 %), impression particulièrement renforcée chez les chefs de rayon des supers. En hypers, la situation est bien plus contrastée : il y a ceux qui, comme Auchan ou Leclerc, estiment que leur fonction comporte de plus en plus de responsabilités. D’autres, comme les managers de Géant Casino et de Carrefour, ont au contraire l’impression de voir le sel de leur métier leur échapper. Ils ne demanderaient pas mieux que d’avoir les coudées un peu plus franches sur certains leviers perdus, comme les achats ou la fixation des prix.
Les chefs de rayon ne sont pas pour autant démotivés ! Près de huit sur dix veulent toujours faire carrière dans la grande distribution. Quant au salaire, pas de surprise. 65 % des rémunérations sont inférieures à 2 300 € bruts, mais ils continuent à progresser. Selon les déclarations des chefs de rayon eux-mêmes, c’est une fois de plus Carrefour qui remporte la palme en hyper et en super (Carrefour Market).
Dans un univers très concurrentiel, la fidélité à l’enseigne reste une valeur forte. Ceux qui déclarent ne vouloir travailler que dans leur propre enseigne sont plus nombreux qu’il y a deux ans (62 %, + 8 pts).
Au jeu de la séduction, l’image des enseignes concurrentes se modifie en profondeur. Auchan et Carrefour, traditionnellement plus courtisées, voient leur attractivité sérieusement écornée. Toutes deux sont désormais au coude à coude : 5 % des chefs de rayon des autres enseignes ont spontanément déclaré souhaiter y travailler. En 2007, c’était deux fois plus pour Auchan (10 %) et 8 % pour Carrefour. L’attractivité de Cora est également réduite de moitié. Quant à celle de Géant Casino, elle est statistiquement nulle !
Avec Intermarché, Leclerc est l’une des rares enseignes à avoir gagné en attractivité (4,6 %). Essentiellement prisée par les chefs de rayon des formats supers, elle talonne désormais avec Système U (également à 4,6 %) les deux têtes de série Auchan et Carrefour.
Méthodologie
Menée fin juin par l’institut de sondage IRS, la neuvième édition de l’enquête « Chef de rayon, qui êtes-vous ? » a concerné 652 managers alimentaires des 12 principales enseignes. Le nombre de personnes concernées par enseigne tient compte de la taille du parcs de magasins. Il a été interrogé une même proportion de chefs de rayon boucherie que de fruits & légumes, marée, charcuterie/fromage coupe, épicerie ou encore frais libre-service. Les résultats spécifiques au rayon liquides sont publiés ce mois-ci dans la revue Rayon Boissons.
| C’est un homme (75 %) |
| De 37 ans en moyenne. |
| Il est agent de maîtrise dans un cas sur deux. 36 % sont cadres. |
| 75 % d’entre eux travaillent plus de 43 h par semaine. |
| Son salaire mensuel brut ? Dans quatre cas sur dix entre 1800 € et 2 300 €. |
| De plus en plus diplômé :
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| Il gère une équipe de 9 à 10 personnes en moyenne. |
