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Evreux (27) [Marc Reidiboym]

11 Juin 2010
7,10/10. Très marchand, Carrefour Guichainville met d’abord l’accent sur les promos et les produits frais. Il fait de louables efforts sur la fraîcheur et la propreté

  1er 2e 3e 4e 5e 6e
  Carrefour Cora Leclerc Intermarché Super U Intermarché
Guichainville Bd de Normandie Normanville Nétreville République La Madeleine
8 800 m² 8 300 m² 3 300 m² 5 200 m² 1 700 m² 2 990 m²
Classement général 7,10/10 6,84/10 6,45/10 6,39/10 6,19/10 5,77/10
Accueil 4e 7,1 1er 8,7 5e 6,5 2e 7,6 3e 7,4 6e 5,6
Compétence personnel 4e 5,3 3e 5,4 6e 4,7 4e 5,3 2e 6,5 1er 6,8
Confort 2e 6,7 1er 7,4 5e 6,0 4e 6,4 2e 6,7 6e 5,9
Fraîcheur 2e 7,7 2e 7,7 1er 7,9 4e 7,5 5e 6,9 6e 5,0
Propreté 2e 7,6 1er 7,8 3e 5,6 5e 4,0 3e 5,6 6e 2,4
Service 2e 6,8 1er 7,1 3e 5,3 4e 4,7 4e 4,7 4e 4,7
Prix 4e 8,4 6e 3,9 2e 9,2 3e 9,2 5e 5,6 1er 10

La même superficie à 500 m² près. A Evreux, ce n’est pas la taille qui permet départager les deux hypers de l’agglomération : Carrefour et Cora jouent dans la même catégorie. C’est leur seul point commun ou presque. Car pour le reste, tout oppose les deux magasins.

Carrefour annonce d’emblée la couleur et claironne ses opérations du moment dans son allée pénétrante, à grand renfort d’affiches aux teintes vives. Le thème en cours, les « gros volumes », s’ajoute à la « Promo Libre » de la semaine sur les conserves, appareils photos ou camescopes. Le tout dans une joyeuse cacophonie visuelle censée asseoir l’image prix du magasin. La zone marché est à l’avenant, foisonnante et chaleureuse à la fois. Les rayons charcuterie et fromage coupe prennent place dans un renfoncement au plafond bas, semblable à la configuration souvent observée en boucherie. Résultat : un effet « boutique » très réussi. Seul bémol, le niveau de compétence du personnel et son degré d’implication pourraient être améliorés.

L’ambiance est radicalement différente chez Cora. Ici, accueil, confort d’achat et propreté prennent le pas sur toute autre considération. Même la trop rare boîte à suggestions est bien visible à l’entrée du magasin. Equipé d’un mobilier marron sans fioriture, le rayon boulangerie-pâtisserie est d’une sobriété exemplaire. Et même si l’enseigne subit souvent ce reproche, la zone marché de Cora, c’est un fait, évoque plutôt la « salle blanche » d’un bâtiment industriel. Quelques dizaines de spots judicieusement choisis et placés aux endroits stratégiques – boulangerie, fruits et légumes, boucherie – permettraient déjà de réchauffer l’atmosphère. Mais Cora fait un usage très mesuré de l’éclairage d’accentuation, pourtant relativement bon marché. Plus grave, il affiche des prix en complet décalage avec ses concurrents. Un effort mesuré dans ce domaine suffirait pour devancer Carrefour au classement général…

Côté prix, justement, la palme revient à l’Intermarché du quartier de la Madeleine. Implanté en périphérie, au milieu des barres d’immeubles et à quelques dizaines de mètres à peine d’un Lidl, ce supermarché « sous pression » a d’autres priorités que le confort d’achat ou la propreté. L’ambiance au sein du personnel semble tendue et malgré les compétences de ce dernier, le magasin est distancé par tous ses concurrents. Son alter ego de Nétreville, plus vaste et surtout plus régulier, obtient la quatrième place. Ses gondoles noires lui donnent un aspect cossu que sa zone marché et sa façade viennent confirmer.

Leclerc, enfin, occupe un statut un peu inhabituel sur Evreux. De superficie moyenne, il souffre de l’étroitesse de ses allées et des nombreux réaménagements menés semble-t-il au fil des ans. En témoigne son carrelage, endommagé en de multiples endroits. Malgré cela, sa fraîcheur et ses prix, alliés à un niveau général de prestations correct, lui permettent de se hisser à la troisième place.

Retrouvez les résultats complets, les photos et le tableau des prix dans le numéro de juin de Linéaires.

L'oeil en coin

« Toujours un prix pour moi ! »

A défaut de prouesses sur les prix, Cora communique fort bien sur ses marques propres. Dans l’allée centrale, une série d’affiches explique aux clients les différents niveaux d’offre disponibles. Winny, la marque premier prix, c’est « pour le budget », nous explique un jeune homme qui pourrait être étudiant. Les produits Cora ? « Pour acheter malin », indique une mère de famille. Les articles Patrimoine Gourmand, enfin, s’achètent « pour la tradition ». Le slogan « Toujours une marque Cora pour moi ! » fait le lien entre ces trois affiches. Et au verso de chacune d’elles : des exemples de produits. Simple et efficace.

Transparence à outrance

Avec la fin de la Loi Galland, le « cagnottage » et son mécanisme parfois complexe a perdu une partie de son intérêt. Le discours promotionnel s’est-il simplifié pour autant ? Pas si sûr… Chez Carrefour, l’opération « gros volumes » promet 70 % de remise en caisse sur certains articles. A une condition : les acheter en deux exemplaires. Pour expliquer la chose, l’enseigne a prévu de grandes affiches prix. Le lot de 4 boîtes de 140 g de thon au naturel Saupiquet, y apprend-on, vaut 6,23 €. Si vous en achetez deux, il vous en coûtera « 2 x 6,23 € – 4,37 € de remise sur le 2ème produit = 8,09 € soit 1,86 € pour le 2ème produit ». Vous avez suivi ? Pour en être certain, Carrefour en rajoute une louche : « 2 produits achetés = 8,09 € au lieu de 12,46 € ».

La chaîne du froid ? Ca va être chaud !

L’espace manque cruellement chez Leclerc. Dès qu’un roll garni de marchandise fait son apparition, il faut slalomer pour tracer sa route, avec ou sans chariot. « Que voulez-vous, il faut bien remplir les rayons ! », semblent dire les employés. Mal équipés – ou mal organisés –, ils posent leurs cartons de biscuits et steaks hachés où ils peuvent, c’est-à-dire à même le sol. Gare aux chutes et barquettes écrasées ! En surgelés, c’est encore pire : une palette garnie sur 1,80 m de haut est placée telle quelle devant le rayon, sans aucune protection isotherme. Vu la quantité de marchandise, il faut un long moment aux deux employés pour la dépoter. Tant pis pour la chaîne du froid !

Sans commentaire

La ligne de caisses d’Intermarché. Une jeune hôtesse est à son poste et scanne un à un les articles qui défilent sur son tapis. Une collègue plus âgée patiente non loin de là, tiroir-caisse sous le bras. Elle interpelle soudain la plus jeune : « Bon, alors ?! T’attends quoi, le dégel ? » « T’es gentille, mamie, mais je suis là jusqu’à 16 h !, lui répond la première. Ici, c’est MA caisse alors tu vas voir ailleurs, OK ? » La collègue finit pas trouver le bon poste et s’éloigne en maugréant. Ambiance…

A faire

L’animation qui fait mouche

La saison des fraises a démarré. Chez Super U, une démonstratrice propose de goûter trois origines : la française, l’espagnole et la garriguette. Elle accueille le chaland d’un « bonjour » spontané, accompagné d’un grand sourire. Elle répond aux questions sans faire pression. Difficile de repartir sans sa barquette…

Des stops rayon intelligents

Au rayon biscuits sucrés de Carrefour, des stops rayon signalent les avantages liés à la carte de fidélité et les produits Carrefour Discount. Plus originale, une troisième catégorie d’affichettes précise que « grâce à l’étiquette électronique, prix rayon = prix payé en caisse ». Ca va toujours mieux en le disant !

A éviter

La borne info-prix fantôme

L’allée pénétrante de Leclerc possède son incontournable panneau « Ici, borne info-prix », placé bien en évidence. Problème : la flèche dessinée sur le panneau pointe… une vitrine garnie d’ordinateurs portables ! Il faut contourner le pilier pour trouver la fameuse borne.

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